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Mes publications

Ouvrages

POULAIN, F. (sous la dir), Les églises de l'Eure à l'épreuve du temps, Editions des Etoiles du Patrimoine, 2015, 240p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F, La reconstruction dans l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, décembre 2010, 350p.

POULAIN, F, Les Ateliers d'urbanisme Associatifs, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, juillet 2010, 229p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F.Le Millefeuille de l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, octobre 2010, 160p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F,Manuel des Territoires de l'Oise, ou comment territorialiser le Grenelle de l'Environnement, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, janvier 2010, 500p.

POULAIN, F, Le camping aujourd'hui en France, entre loisir et précarité, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, septembre 2009, 172p.

POULAIN, F., POULAIN, E.,  L'Esprit du camping, Cheminements, 2005 , Éditions Cheminements, octobre 2005, 312p.

POULAIN, F.,  Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements), Éditions Cheminements, juin 2005, 128p.

COSSET, F., POULAIN, F., Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002 , Chalets, petites maisons et mobile homes du bord de mer, Coll. Les carnets d’ici, Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique de Basse Normandie, 2002, 64p. ISBN 2-9508601-7-6 (br.)

 

Ouvrages collectifs

BOISSONADE, J., GUEVEL, S. POULAIN, F. (sous la dir.),Ville visible, ville invisible, Éditions l'Harmattan, 2009, 185p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), 2009, l'aménagement durable des territoires de l'Oise,Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, 2009, 184p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), L'Oise, territoire 2008, Éditions de la direction départementale de l'Equipement de l'Oise, 2008, 127p.

 

Articles parus dans Bulletin des Amis des Monuments et Sites de l'Eure (2012-2014),Rapport sur le mal logement – Fondation Abbé Pierre(2008-2014),Études Foncières(2000-2009),Le Moniteur (2005),Espaces, Tourisme et Loisirs(2005- ),Les Cahiers de la RechercheArchitecturale et Urbaine (2004),Territoires(2004),Le Caravanier, camping-caravaning(2004),Cahiers Espaces (2001-2003),Labyrinthe (2001),Urbanisme(2000) + nombreux articles dans des revues grand public (Libération,Le Monde,Le Point,Le Moniteur,Ouest-France...)

 

Actes de colloques parus dans Changement climatique et prévention des risques sur le littoral, MEDAD (2007) « Camper au XXIesiècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté » (2007)Identités en errance.Multi-identité, territoire impermanent et être social, BOUDREAULT, P-W, JEFFREY, D., (sous la dir.),Petites machines à habiter, Catalogue de l’exposition du concours « Home sweet mobile home ou l’habitat léger de loisirs », Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, (2004),« Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ».Droits de propriété, économie et environnement : le littoral, IVème conférence internationale(2004), FALQUE, M. et LAMOTTE, H., (sous la dir.).

4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 20:51

Pour ceux et celles qui veulent aller plus loin concernant les multiples facettes des abris de loisirs, voici un ouvrage comportant de nombreux articles de chercheurs sur le sujet publié aux éditions des Presses Universitaires de Paris Ouest sous la direction de Gilles Raveneau et Olivier Sirost et bien sûr, je vous conseille de lire mon écrit "Entre camping et campement, visible et invisible, deux vies pour l'habitat de plein air" pp. 255-267

 

9782840160793.jpgTentes, caravanes, mobil homes, cabanes, cabanons, kiosques, chalets, cabines… les abris convertis ou créés à des fins ludiques sont une réalité bien ancrée dans nos vies. A un tel point que ces objets d’une architecture pensée comme temporaire, provisoire, voire précaire dépassent les frontières de la culture occidentale et traversent les âges. D’un point de vue anthropologique, l’abri de loisirs dévoile un habitus manuel inscrit au plus profond de nous. Il est bricolé, jardiné, techniquement agi et agissant. Sur le plan historique, ces objets divers rejouent le passage du nécessaire à l’accessoire, du sérieux au futile, dans une société des loisirs où la chasse, la pêche, la cueillette et plus largement toute une gamme d’exercices physiques sont devenus accessoires. Depuis la fin du 18e siècle, ils n’ont cessé de se multiplier dans un ensemble de dispositifs pensés pour contrôler les masses, mais aussi dans des contextes de ruse avec les logiques de l’habitat. Cet héritage déjà long rejoue aujourd’hui les manières de penser la société. Les abris s’adressent à différents âges de la vie, ils semblent avoir un sexe et se métamorphoser selon la condition sociale de son occupant. Dans cette rencontre entre formes d’habitats et loisirs se dessinent de multiples prises sur le monde, croisant destins individuels et collectifs, rejouant la fragile réversibilité de la nature et de la culture.

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 18:43

Qu'il est bon de discourir entre blogueurs. Voici l'un de nos derniers échanges. Je prends plaisir à vous mettre les textes qui ont conduit à cet échange. Bonne lecture

Les méfaits du grand air

25 juillet 2007 Camping civilisé ou sauvage 

Un article de Daphné Cameron sur L’étiquette au camping confirme mon idée qu’au grand air, de plus en plus d’individus s’imaginent seuls au monde. L’espace leur appartient, y compris l’espace public, et ils ne doutent pas une seconde que le spectacle qu’ils offrent ou imposent puisse déranger le voisin. Ce que les propriétaires de camping leur reprochent : la radio, les fêtes au petit matin, le non-respect des limites de vitesse sur le terrain (moins de 10 km/h), la malpropreté des chiens, les tenues indécentes, respect général de l’environnement et encore. 
Il est peu probable qu’on arrive à convertir tous les contrevenants au civisme en un seul été, mais il n’est pas interdit d’espérer pour l’avenir. Comme l’écrivait Claudel : « Le pire n’est pas toujours sûr. » Dans un premier temps, la Fédération québécoise de camping et caravaning aurait peut-être intérêt à s’inspirer des règlements de certains campings pour resserrer son code d’éthique. Pour sa part, l’Agence Parcs Canada offre aux jeunes des programmes interactifs de sensibilisation à l’histoire du patrimoine naturel et à l’environnement qui ne sont pas sans intérêt pour les adultes. 
Au fil de l’histoire Le camping a commencé en Angleterre, au milieu du XXe siècle, alors qu’on découvrait les vertus de la nature et du grand air. Il existe malheureusement peu de documentation sur le sujet, encore moins en français. Cependant, deux Françaises, Élizabeth et France Poulain viennent de publier un livre illustré sur l’histoire du camping en France, L’esprit du camping, et l’une d’elles donne des informations intéressantes sur le sujet, sur son propre blogue. 
Pour les curieux du camping Le répertoire des campings canadiens avec commentaires et évaluation et le site de la Fédération internationale de camping et de caravaning. La F.I.C.C. représente 56 clubs de camping et caravaning de 32 pays répartis sur 4 continents et elle accorde une place particulière aux jeunes campeurs. 
Pour d’autres Ceux qui se sentent envahis par les campeurs ou les vacanciers aimeront sans doute la chanson de Gilbert Bécaud, C’est en septembreEt en attendant, on leur souhaite tout de même rire avec Frank Dubosc et des pareils, en visualisant la bande-annonce du film Camping.

France Poulain dit :
Merci pour la référence. nous avions également trouvé qu’il manquait un ouvrage sur le camping. en effet, quand j’ai commencé à travailler sur le thème il y a de cela une dizaine d’années, je disais autour de moi (lors de mes recherches) que je travaillais sur le camping. Nul alors ne me demandait de quoi il s’agissait, puisque tout le monde se sentait compétent sur la question. ce consensus sociétal m’a -un jour- frappé, et la seule manière a alors été de commencer une grande collection sur tout le “papier” issu du camping (affiche, images, ouvrages…) et les livres portaient globalement sur le “comment” du camping // comment on peut monter sa tente, accrocher sa caravane, construire un barbecue… mais sur l’histoire nul n’existait. Après dix ans de collection, il est apparu que j’avais suffisamment de matériaux pour publier un bouquin sur le sujet. Merci donc et bonne lecture. PS: si vous avez du mal à vous le procurer, n’hésitez pas à venir sur mon blog pour m’en faire part
cordialement et à bientôt au détour d’un terrain

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 09:15

Le camping est associé aux vacances et à la détente. La vie en plein air favorise les farces comme les batailles d’eau entre enfants, les fausses araignées en plastiques dans les sacs de couchage ou les histoires drôles à l’heure de l’apéritif qui participent à la bonne ambiance régnant dans les terrains de camping. La décontraction et le relâchement des règles de la vie quotidienne sont de mise et donnent aux humoristes matières à réflexion. En effet, quel plus beau thème pour des histoires drôles que la pratique la plus prisée par les Français pour leurs vacances ? L’absurdité de certaines situations (voir encadré), la transgression imaginaire ou non des interdits moraux de notre société ou l’exagération de nos comportements sont alors présentés par le biais d’histoires ou de dessins. Les thèmes qui prêtent à rire ont évolué avec la société et sont passés des difficultés liées au retour à la nature -avec la proximité avec de gros animaux exotiques aux yeux des citadins comme les vaches,  et les aléas du climat,   la libéralisation sexuelle du corps et  la promiscuité, pour atteindre dernièrement des approches plus scatologiques. D’autres thèmes secondaires existent comme la pérennité des différences de classe même au sein des terrains de camping avec de riches campeurs qui viennent parés de leurs atours, la recherche exagérée de confort par certains campeurs - doubler le toit de sa tente par une vraie toiture en bois et tuiles- ou par la reprise de certains comportements plus ou moins spécifiques au camping comme les parties de pétanque ou l’apéro-pastis.

Un difficile retour à la  « vraie » nature A partir des années 1930, les premières blagues font leur apparition sous la plume de certains campeurs et sont diffusées par le biais des revues spécialisées comme l’Escargot ou Touring Plein Air. Ces petits croquis mettent en scène des campeurs débutants en proie aux affres d’une nature « sauvage ». Des taureaux chargent  des campeurs tranquillement installés en plein air alors que les orages grondent et détruisent les toiles de tente. La confrontation des campeurs avec la nature et surtout avec extravagances du climat est souvent drôle parce qu’elle est dessinée de manière exagérée, voire absurde. Les images montrant des campeurs passant toutes leurs vacances sous la pluie sont banales tant le sujet a été traité. Les titres de ces croquis sont alors : son et lumière en cas d’orage violent, vacances délicieuses lorsque la tente se déchire sous l’effet du vent, vacances au camping du soleil mais sous la pluie comme de bien entendu. Néanmoins, ces regards amusés sur le camping peuvent encore correspondre plus récemment à la réalité. Ainsi, en 1973, Edwige envoie à son amie Françoise une carte postale où les campeurs sont ennuyés par une vache venue dans leur tente, image amusante mais renforcée par le texte joint « nous ne sommes pas restés en Espagne car il faisait beaucoup trop chaud surtout pour mon pied. De plus, j’étais remplie de boutons. T’aurais vu les gros moustiques et autres bestioles. Là, nous sommes à 11 km de l’Espagne, c’est-à-dire à St Jean de Luz. C’est beaucoup plus respirable. Depuis deux jours, il y a de l’orage et le temps s’est refroidi ». Climat insatisfaisant, animaux sauvages et nature hostile, quand la réalité rejoint la fiction.

Le manque d’expérience  Le délicat montage d’une tente, sous le regard moqueur de voisins de campement, est particulièrement savoureux à regarder lorsque nous n’y sommes pas directement confrontés et surtout lorsque le personnage mis en scène prête déjà à rire. Rien n’est plus drôle que la vision d’un monsieur de la ville, sérieux et cultivé, qui n’arrive pas à monter sa tente ou de celui qui s’envole parce qu’il a trop gonflé on matelas pneumatique.

Les premières histoires drôles sur les femmes Avant-guerre, si le mari est souvent en proie à des difficultés techniques, la femme n’est pas encore un thème humoristique fréquent. Seules quelques histoires circulent dans les almanachs. Ainsi, en 1939, Jo et Roger Tourte indiquent dans leur Almanach du campeur sous la rubrique AH ! « Campeuse pâle, vous n’avez pas pu dormir cette nuit sous la tente ? Teignez-vous donc tout en noir pour devenir comme les négresses, qui ne peuvent jamais passer une NUIT BLANCHE » (p.226). Cette forme d’humour doit être réinscrite dans un contexte historique mais il est fréquent que des catégories spécifiques de personnages servent de cible pour les histoires drôles. 

La mode  bikini A partir de 1960, la campeuse se dévêt et le bikini modifie les comportements de l’ensemble de la société face au corps féminin. Auparavant, seul le corps en tant qu’outil sportif était accepté ce qui assimilait le camping à un sport de plein air. Sujets à la pudibonderie de l’époque, les humoristes ne s’attaquaient pas à l’aspect vestimentaire des campeurs. Avec le succès et l’augmentation constante du nombre de pratiquants, le camping se diversifie et le corps se dévêt. Les humoristes dévoilent alors comment les habitants des bourgs ruraux voient ces campeuses si peu vêtues. Les situations cocasses qui en résultent montrent des matrones contemplant avec froideur des jeunes femmes peu couvertes.

Sea, sex and sun, avec quelques années d’avance sur la chanson  Les campeurs se dévêtent de plus en plus et certains se tournent d’ailleurs vers le naturisme. Ceci a naturellement  fourni matière à plaisanteries pour les humoristes.  Néanmoins, les illustrateurs se sont principalement attachés aux pratiques du plus grand nombre en favorisant ce qui se déroulait dans les terrains de camping classiques, notamment lorsque le corps se paraît d’un attrait sexuel certain. Le sexe au camping est un sujet qui fait rire surtout lorsque l’absurde s’en mêle. Dans la Forêt Noire, une pancarte installée indique aux Français venant camper qu’il « est strictement interdit sur le terrain de camping de la Forêt Noire que des gens de sexe différent, par exemple, des hommes et des femmes, vivent ensemble dans une tente sauf s'ils sont mariés l'un avec l'autre dans ce but ». L’objectif de cette pancarte n’est pas de nous faire rire et pourtant, le simple aspect sexuel du texte suffit. Mais la référence au sexe est généralement provoquée par les humoristes. Le plus prolifique illustrateur d’entre eux, Louis Carrière, a dessiné plusieurs centaines de cartes postales sur le camping. La femme est présente sur chacun de ses dessins et occupe dans 4 cas sur 5 le premier plan. Elle est presque toujours jeune, belle et désirable. Les scènes sont souvent grivoises avec des allusions non déguisées à la liberté sexuelle de l’époque. Cette liberté est présentée de manière exagérée mais permet de faire évoluer l’ensemble de la société. En effet, le corps dévêtu –et non dénudé- devient un objet de plaisanterie et par la même perd son caractère intouchable. De fait, homme et femme s’en servent pour leur correspondance de vacances. Ainsi, en 1955, Henriette envoie-t-elle à un couple de boulangers une carte postale dessinée par G.Pichard au thème grivois sans aucune difficulté. Il n’empêche que les dessinateurs réaliseront également des cartes où la femme est dominatrice et  oblige son mari à gonfler son matelas ou à faire la vaisselle. 

La promiscuité génère des scènes cocasses Le succès obtenu par le camping conduit des millions de Français à se ruer au même moment sur les côtes littorales. La promiscuité et le bruit qui en résultent attirent le regard des humoristes. Les blagues portent souvent sur le fait qu’il est possible de demander le sel à son voisin de parcelle sans que ni l’un, ni l’autre n’ait à bouger de sa table car il suffit de tendre le bras. Les humoristes estiment qu’ils ont la possibilité de montrer au grand jour ce qui se passe de manière plus dissimulée dans les maisons ou les appartements. Le thème des relations de voisinage est drôle parce qu’il touche la majeure partie de la population française qui rit alors de situation peu plaisantes au quotidien.

Pipi-caca, ah ah  Les blagues s’enrichissent également avec l’apparition du thème scatologique où la tente ou la caravane deviennent des lieux propices à la visualisation du relâchement du comportement des individus. Il ne s’agit pas d’histoires enfantines mais plutôt des histoires pour adultes. Certains dessins humoristiques combinent plusieurs thèmes comme le scatologique et la promiscuité : « Durant la nuit, une femme demande à son mari « c’est toi qui a pété ? » et de toutes les caravanes alentours, les hommes présents répondent « non ». ». 

La parité face à l’humour ? Avec les années 1990, le thème féminin se renouvelle et forme le pendant avec des histoires drôles sur les campeurs. En effet, les humoristes choisissent de se moquer gentiment et des hommes et des femmes. Ils ont suffisamment de matière dans les deux cas. Les petits défauts de chacun et de chacune sont amplifiés jusqu’à devenir caricaturaux. Depuis cinq ans, deux albums complets de bande dessinée sont d’ailleurs sortis uniquement sur le thème du camping. A mettre en note et pas dans le texte (BRUNEL, RIP HOLIN, Le manuel du parfait campeur, Albin Michel, 1999 et CHAMPIE, N, et Mo, Le camping illustré, La Sirène, 2001). 

Une exception pour les blondes Si la parité rééquilibre la donne entre les deux sexes, depuis peu les blondes bénéficient d’un traitement préférentiel. Depuis quelques années, les blagues sur les blondes –et non plus les belges- ont aussi fait leur entrée au panthéon de l’humour sur le camping : « Combien faut-il de blondes pour remplacer une ampoule dans une caravane ? dix,  un qui tient l'ampoule et les neufs autres pour tourner la caravane » ou bien encore : « Ce sont deux blondes qui font du stop sur la route. Le soir venu, elles décident de planter la tente pour passer la nuit. - On va planter la tente sur le bas coté de la route, dit l'une. - Non, non tu rigoles, on va la mettre au milieu de la route, c'est plus plat, dit l'autre. Le lendemain matin, en se levant, elles voient un camion accidenté sur le bas coté de la chaussée..
- Ah tu vois, dit la seconde, on a bien fait de planter la tente au milieu de la route !!
 ».

L’humour noir De nouveaux modes d’expression apparaissent notamment avec le développement de l’humour noir où les campeurs passent des moments difficiles. Le rire provient alors de notre gêne mais également de notre attirance  -en particulier celui des enfants- pour le morbide. Un humoriste préconise de réintroduire les loups pour lutter contre le camping sauvage ; un autre dessine un camping en feu pour illustrer le jour du concours de barbecue et d’autres des scènes bien pires encore comme celle de N.Champié et Mo : « Dans la forêt amazonienne, une famille a choisi de faire du camping. La femme demande à son mari « où sont les enfants ? », le mari répond « ils sont en train de jouer avec les fourmis ». Or, il s’agit de fourmis carnivores…. ». Bref, des scènes pour lesquelles le dessinateur a franchi les limites imposées par la morale. On rit sans le vouloir mais il n’est pas possible de le justifier alors que pour dans les autres manières de présenter des histoires drôles, on rit de sa propre bêtise de ne pas savoir monter une tente ou de s’être installée dans un endroit mal situé. Depuis les premiers campeurs, l’humour a toujours été présent soit par le biais d’histoires drôles racontées le soir autour d’un feu de camp ou aujourd’hui de manière moins personnalisé avec les cartes postales et maintenant des albums entiers. Les dessins humoristiques révèlent l’évolution de notre société et en pointent les traits caractéristiques les plus marquants. Reflet de chaque époque, l’humour sur le camping permet notamment de comprendre les modifications engendrées par le passage d’une société industrialisée à une société de loisirs. Les thèmes récurrents comme la nature sauvage, le climat ou la campeuse demeurent toujours d’actualité mais les dessins sont devenus plus incisifs et brutaux. 

Sherlock Holmes et le Dr Watson font du camping dans un champ. Après un bon repas et une bouteille de vin, ils gagnent leur sac de couchage dans leur tente et s'endorment. Soudain, pendant la nuit, Holmes réveille son compagnon et lui dit tout à trac : - Watson, regardez au-dessus de vous et dites-moi ce que vous en concluez. - Je vois des millions et des millions d'étoiles.- Qu'est-ce que cela vous évoque ? - Astronomiquement, répond Watson d'une voix intriguée, cela me dit qu'il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes. Astrologiquement, j'observe que Saturne est en Lion. Temporellement, j'en déduis qu'il est environ 3 h 15. Théologiquement, je me dis que Dieu est tout-puissant et que nous sommes petits et insignifiants. Météorologiquement, je pense que nous aurons une belle journée demain.... Et vous, Holmes ? Sherlock Holmes reste silencieux une minute puis déclare : - Watson, vous êtes un idiot ! répond Holmes, vous ne voyez pas qu'on s’est fait voler notre tente ? Cette blague a été déclarée «la blague la plus drôle du monde», à l'issue d'un vote public entre 10 000 histoires drôles. Sur les 100 000 répondants de 70 pays, plus de 47% ont voté pour la tente de Sherlock Holmes. Le ressort humoristique de cette blague vient du fait que Watson répond très logiquement à la question sans s’interroger sur le fondement de la question. L’étonnant de cette histoire est qu’elle ne correspond pas aux thèmes habituels du camping décrits ci-contre. Ici, l’humour vient du caractère absurde la situation et non du fait qu’il s’agisse de camping.

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Published by France Poulain - dans Camping
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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 15:41

Eh oui, je crois que j'avais oublié sur mon blog de présenter mes bouquins, je ne résiste donc (plus) au plaisir de vous les présenter, en commençant non pas par le plus ancien mais par celui qui m'a pris le plus de temps, je veux parler de ma thèse, environ 480 pages le jour du jury qui a été réduit en 127 pour les besoins de l'édition. En voici donc la couverture et la 4ème de couv. N'hésitez pas à m'envoyer un mail si vous avez des difficultés à vous le procurer (ben quoi à peine 22 euros et vous saurez tout sur le sujet).

 

Comment le camping-caravaning sur parcelles privées, en permettant à plusieurs centaines de milliers de personnes de séjourner en bord de mer ou de rivière sur leur terrain, peut-il être si peu connu tant du grand public que des institutionnels ?

Pourquoi ces campeurs sont-ils si attachés à leur caravane, mobile home ou cabanon posé dans le jardin qu’ils ont aménagé ? Pourquoi les réglementations existantes sont-elles si éloignés des souhaits des campeurs qui veulent rester sur leur parcelle ? Quels sont les moyens et les méthodes dont disposent les pouvoirs publics pour réduire les nuisances qui découlent du maintien sur place ? Plus largement y aurait-il un « droit aux vacances » plus fort que la réglementation ? 

C’est pour répondre à ces questions – et à bien d’autres – que France Poulain a mené un travail original de recherche sur les mutations territoriales en cours qui résultent du développement des résidences secondaires de loisirs. Nourri d’études statistiques, de citations et de croquis, ce livre jette des passerelles entre des domaines aussi variés que la sociologie, l’urbanisme, le droit, le paysage ou la protection de l’environnement afin de nous faire réfléchir autrement à nos pratiques de loisirs. Une lecture indispensable pour tous ceux qui cherchent des solutions pour que le camping-caravaning sur parcelles privées puisse continuer à exister à sa juste valeur en France. 

Aujourd’hui en France, plus d’un million de personnes séjournent en caravane ou en mobile home pendant leurs moments de loisirs sur des parcelles privées. Cette pratique est largement méconnue alors que les reportages télévisuels et les articles dans les journaux se multiplient. Il est souvent question de campeurs qui se trouvent verbalisés ou qui passent en jugement pour une caravane laissée sur une parcelle. Face aux interrogations multiples que se posent tant les élus politiques ou les responsables de l’administration pour gérer au mieux les souhaits d’implantation des campeurs que des vacanciers eux-mêmes, ce guide, premier du genre sur ce thème, vise à comprendre et expliquer les tenants et aboutissants du camping-caravaning sur parcelles privées. Trois axes ont guidé ce travail. 

Un guide pratique sur un thème précis  

Le camping-caravaning sur parcelles privées est un processus d’appropriation ou de jouissance d’un morceau de territoire à des fins d’implantation, de manière temporaire ou non, d’une caravane, d’un mobile home, d’un chalet ou d’une habitation légère de loisirs. Cette pratique s’est développée depuis quarante ans dans la plus grande discrétion afin de répondre à l’attente forte de tous ceux qui n’ont pas forcément les moyens financiers de disposer d’une résidence secondaire « en dur » et se trouve localisée principalement dans les espaces agréables, situés sur le littoral, sur le bord des cours d’eau ou dans les forêts. 

Un guide en deux volets 

Le premier objectif du guide de ce guide est de comprendre les raisons et la manière dont les campeurs sur parcelles privées vivent. Comment ils investissent leur habitat, leur parcelle et leur jardin et également ce qu’ils y trouvent sur un plan plus imaginaire. L’analyse de ce type de camping permet d’appréhender la société actuelle dans son rapport au sol et à la propriété privée et de mettre en évidence les modifications engendrées par le passage à une société de loisirs. La description du stationnement de moins de trois mois, la création de terrains de camping ou de Zones d’Aménagement Concerté est essentielle pour comprendre les différentes formes juridiques permettant aux campeurs d’être sur leurs parcelles sans aucun problème de légalité. 

Toutefois, la principale difficulté vient de ce que leurs habitudes urbaines les incitent à aménager, entretenir, agrandir, consolider voire édifier des habitats qui ne sont ni mobiles, ni temporaires. A un moment donné, il apparaît que la simple tente ou que la caravane que l’on ramène à la fin de chaque été chez soi ne suffit plus au besoin de multirésidentialité. Et c’est le second objectif de ce guide que de comprendre ce qui se passe lorsque le désir de résidence secondaire fait oublier le cadre légal. C’est à ce moment-là que les ennuis commencent car tout ce qui était possible lorsqu’il s’agissait de camping ne l’est plus lorsqu’on passe à de véritables constructions qui conduisent à une urbanisation quasi-définitive des espaces campés. Les conséquences en terme de pollution, de modifications des paysages ou bien encore de privatisation des espaces naturels protégés deviennent si importantes que les pouvoirs publics ne peuvent pas les ignorer. D’autant plus quand elles sont issues de pratiques illégales. Le fait est qu’il existe aujourd’hui un important problème d’illégalité qui porte sur plusieurs dizaines de milliers de caravanes regroupées dans des poches urbaines affectées uniquement à des résidences secondaires de loisirs, mais ce guide n’est pas tourné vers la lutte contre l’illégalité mais vers une compréhension globale du phénomène. 

L’adage « vivons heureux, vivons cachés » pourrait être le slogan officieux du camping-caravaning sur parcelles privées tant il apparaît que les campeurs sont heureux tant qu’ils restent dissimulés et invisibles. 

Un guide issu de données du terrain 

Il a fallu plus de huit années d’étude afin de disposer d’éléments concrets concernant cette pratique méconnue. Les travaux de recherche ont été constitués d’enquêtes, de relevés de paysages ou de parcelles, d’établissement de cartes ou de données statistiques. Les analyses effectuées sur le terrain fournissent des éléments sur l’évolution de la pratique au cours de ces dernières décennies tels l’appropriation des habitats, l’aménagement des parcelles et les transformations du paysage. Ces études portaient à la fois sur l’étude ciblée sur des communes où se trouvaient localisées le plus de parcelles de camping-caravaning et sur la connaissance d’un territoire plus large. Plus de 6000 photographies, plusieurs centaines de croquis ont été faits sur les sites d’étude pour capter l’existant et pour montrer ce qu’est réellement le camping-caravaning sur parcelles privées. Il a été en effet nécessaire de montrer la réalité pour dépasser les a priori existants. 

Mes recherches m’ont également conduit à mener plusieurs centaines d’entretiens menés auprès d’un grand nombre de campeurs dont la parole et la mémoire ont été des sources privilégiées de connaissance pour compléter utilement les données écrites. Les entretiens ont également été menés auprès d’élus municipaux, de responsables administratifs (Direction Départementale de l’Equipement et des Affaires Sanitaires et Sociales, Préfecture), de professionnels de l’aménagement du territoire et de responsables associatifs de défense des droits des propriétaires de parcelles privées. 

Ainsi, ce guide est destiné à l’ensemble des personnes qui s’intéressent au camping-caravaning sur parcelles privées, qu’ils soient campeurs ou futurs campeurs, élus, responsables administratifs ou des pouvoirs publics et plus largement tous ceux et toutes celles qui cherchent à trouver des réponses aux évolutions du territoire. En leur permettant de mieux comprendre le camping-caravaning sur parcelles privées et ce qu’il est possible de faire ou de ne pas faire.  

France Poulain, architecte et docteur en urbanisme, est chercheure au Laboratoire CNRS Théories des Mutations Urbaines (Unité Mixte de Recherche « Architecture, Urbanisme, Société »). Depuis plusieurs années, ses travaux de recherche portent principalement sur la multirésidentialité, l’illégalité en urbanisme et l’extension des métropoles par les loisirs. Elle a soutenu à l’Institut Français d’Urbanisme sa thèse L’Urbanisation du littoral par le camping-caravaning sur parcelles privées – Non-respect des lois d’aménagement et tolérance de pratiques illicites, sous la direction de François Ascher. Elle a, avec Fabienne Cosset, publié Ma cabane en Normandie, chalets, petites maisons et mobile homes du bord de mer, (Editions CRéCET, 2002) et a écrit de nombreux articles sur le tourisme et les loisirs.

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Published by France Poulain - dans Camping
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 16:15

Voici l'extrait d'un article du quotidien Ouest-France où l'on parle un peu de camping... Durant ma thèse, j'avais relevé que l'absence d'une fédération nationale rendait difficile le dialogue entre les différents acteurs. Hopefully, there's one now !

Informations Générales

Paru dans l'édition du samedi 04 août 2007 Un loisir limité par la protection de l'environnement

Camper sur un terrain non constructible dont on est propriétaire, c'est possible. Mais pas plus de trois mois par an et en dehors des zones naturelles protégées, comme le prévoit le Code de l'urbanisme. Ce loisir a connu son apogée vers 1975, avant que les lois de protection de la nature ne viennent le contrecarrer. C'est particulièrement vrai dans les zones côtières de l'Ouest. La loi Littoral a entraîné le classement de nombreuses zones, interdisant de fait le camping sur parcelle privée.

Pour défendre les campeurs privés, une fédération nationale (1) est née l'an dernier. Aujourd'hui, elle fédère 50 associations locales, compte 5 000 adhérents et estime qu'elle concerne 25 000 personnes. Il est impossible de quantifier le nombre de campeurs privés, mais France Poulain, auteure du Guide du camping-caravaning sur parcelles privées (2), l'estime à plus d'un million en France. La présidente de l'association, Sylvie Geffré, approuve les mesures de protection de l'environnement. Mais, « on ne pollue pas plus qu'une maison ! On encourage nos adhérents à s'équiper d'une fosse septique, on entretient notre cadre de vie en évitant les friches ».

 

« Installations artificielles »

Justement, c'est ce qui chiffonne des écologistes. Comme l'explique Ronan Arhuro, de l'Association de défense de l'environnement de Vendée, « ces campeurs ont parfois tendance à créer des installations artificielles » : plantation d'espèces invasives, chemins pour accéder aux parcelles... Cette modification du paysage naturel s'accompagne d'un « mitage », c'est-à-dire une multiplication d'habitats isolés. « Autant de points de force autour desquels se développe progressivement l'urbanisme, empiétant sur les espaces naturels et agricoles », poursuit-on à l'Adev.

Que faire pour régler le problème ? Souvent, les municipalités proposent un échange de terrains, regroupant des propriétaires dans une zone délimitée par le plan local d'urbanisme. C'est ce qui s'est passé à Pénestin, dans le Morbihan. Mais, parfois, ça coince. À Brem-sur-Mer, par exemple. Certaines municipalités choisissent de poursuivre les campeurs devant les tribunaux, d'autres pas. Les contrevenants s'exposent à des amendes, avec sursis la première fois, puis d'un montant moyen de 1 000 ?. Dans l'Ouest, un comité de soutien a vu le jour pour aider financièrement les propriétaires. Sylvie Geffré constate un autre mode de répression. « Sur l'île de Ré, les maires peuvent désormais opter pour des procès-verbaux à 11 ?, dressés régulièrement. »

Les propriétaires ne baissent pas tous les bras pour autant. Leur fédération les encourage à s'inscrire sur les listes électorales des communes où ils campent, afin de renverser les maires auxquels ils s'opposent. En 2008, le sujet sera d'actualité... Enquête : Mikaël LOZANO.  (1) Fédération française de camping-caravaning sur parcelles privées,  tél. 06 88 59 85 63.(2) Aux Éditions Cheminements, 2005.

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 19:26

Eh bien, faire de la radio sur le camping pendant un séjour en camping, voilà qui a de quoi charmer tout bon chercheur. pensez donc, une mise en abîme.... Car oui, il est toujours plaisant de répondre présent à une demande d'interview (enfin je trouve) d'autant plus que cela m'a permis d'expérimenter un truc nouveau (en fait deux puisque je n'étais jamais allée à toulouse). En vacance dans le super terrain de camping d'airstream de Perry et Coline à Belrepayre (j'en dirais plus quand je serai revenue sur terre), je suis allée faire un duplex à toulouse. Et cela, je ne l'avais jamais fait. J'avais fait du direct dans les studios, du différé, du téléphone, mais du duplex jamais. alors c'est très rigolo. car on arrive comme une fleur dans une station de radio de France Inter et on est mis dans un studio. Un casque sur les oreilles et vous entendez directement l'émission. Un petit bruit assourdi dans les oreilles vous indique que vous êtes à l'antenne. Et il faut être rapide et juste, clair et pertinent car vous ne savez jamais vraiment dans quel sens cela va partir. Tout a été super. Vous pouvez d'ailleurs l'entendre sur le site de France Inter et de l'émission Cha Cha Tchatche  mais à mon avis, cela n'est en ligne qu'une petite semaine. Et comme j'ai du préparé cette intervention, je me suis interrogée pour savoir ce qui avait changé cette année dans le camping : deux choses principalement que je développerai dans deux billets à venir : l'impact de plus en plus important des seniors sur le camping (trop de services et de confort ne nuirait-il pas au camping?) et le retour des caravanes (trop cher le mobil-homes?). a bientôt donc pour de nouvelles infos. 

jeudi 9 août 2007 9h15 - Cha Cha Tchatche la nuit 

La nuit dernière produite par Giv Anquetil / Nuits au camping de Palavas Les Flots (épisode 4) 

Le site de La nuit dernière   

La vie en chiffre La chronique de Maja Neskovic: L'esprit du camping Avec France Poulain, architecte et docteur en urbanisme

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 18:45

Voici un extrait de la revue « Au Grand Air » (numéro du 6 juillet 1939)), où nous trouvons un article  d’Henry Panneel, grand connaisseur du camping et notamment de la question de l’autocamping. Je le mets en attendant de vous raconter toutes mes aventures de camping des vacances. psit, vous avez écouté France Inter jeudi dernier? je vous en dis plus dans 5 minutes...

****

M. le Préfet du Vaucluse vient de prendre un arrêté interdisant toute pratique de « l'Auto-stop » sur l'étendue du département. Cette décision vient à son heure et n'est certainement que le début d'une campagne officielle de répression de l'auto-stop.   

Si, jusqu'à ce jour, nous étions restés intentionnellement muets sur cet usage, c'est que nous estimions que le mieux était de... n'en pas parler. Déjà, toutes les grandes associations de tourisme sportif et de camping (…) avaient pris position pour tenter, d'enrayer cet abus qui menaçait de jeter sur tous les campeurs pédestrians, sans distinction, un discrédit immérité. 

Cela eut pour effet immédiat de « stopper » beaucoup de jeunes qui, sans songer à mal et avec l'insouciance de leur âge, s'amusaient sincèrement de cette pratique. Il ne resta que les « irréductibles », pour lesquels l'auto-stop n'est autre qu'une compétition dans laquelle il s'agit non pas de visiter le plus de pays possible, mais d'aligner de cette façon le maximum de kilomètres. Drôle de tourisme ! penserez-vous. 

Pour ces derniers, il était évident que discours ou recommandations amicales n'auraient aucune influence heureuse. Regrettons simplement qu'il ait fallu en arriver à un arrêté préfectoral, certainement pris à la suite de plaintes réitérées d'automobilistes. Le seul amour-propre, la dignité sociale des amateurs d'auto-stop, devraient suffire à leur montrer que cet usage n'est autre qu'une forme particulière de mendicité, incompatible avec l'esprit du camping. 

Pour terminer, signalons trois répercussions extrêmement graves dont les amateurs d'auto-stop ne semblent pas se rendre compte : 

1° La responsabilité civile de l'automobiliste que vous engagez fortement en cas d'accident ; 

2° Les supercheries très graves qui peuvent résulter ; témoin : cet automobiliste obligeant accusé de complicité, voiture confisquée, forte amende, pour avoir ainsi transporté des fraudeurs « déguisés » en campeurs ;

3° L'impossibilité, désormais, dans une situation sérieuse (accident par exemple) d'obtenir l'arrêt d'une voiture, pourtant nécessaire. Rappelez-vous la fable : <<Guillot criait : « Au loup ! », un jour, par passe-temps… 

 Souhaitons que mieux encore que les arrêtés préfectoraux, cet appel à la conscience des « irréductibles » suffira à les ramener dans le bon chemin… Sinon, il ne leur restera bientôt plus qu'une ressource : les essieux des trains de marchandises. HENRI PANNEL

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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 16:39

Camping (de l’anglais to camp : camper).

Le camping est le mode de séjour touristique ou sportif consistant à vivre sous la tente, dans une caravane ou dans un camping-car en utilisant un matériel adapté à la vie en plein air. Le décret du n°59-275 du 7 février 1959 précise dans son article premier que « le camping est considéré comme une activité d’intérêt général et est librement pratiquée, dans les conditions fixées par le présent décret, avec l’accord de celui qui a la jouissance du sol sous réserve, le cas échéant, de l’opposition du propriétaire »[1]. Ce principe de liberté (art. R443-6 du CU) est limité par des restrictions résultant des règles nationales et locales[2]. Le décret n°68-134 du 9 février 1968. Depuis, « les personnes qui choisissent comme mode d'hébergement de loisir de louer un terrain pour y installer une caravane ont la possibilité de le faire dans un terrain collectif aménagé à cet effet (terrain aménagé de camping et caravanage, parc résidentiel de loisirs, terrain aménagé saisonnier...). En dehors de ces terrains aménagés, il est possible d'installer jusqu'à six caravanes sur un terrain privé, avec l'accord du propriétaire et après déclaration en mairie. Si le stationnement se prolonge au-delà de trois mois, une autorisation de stationnement des caravanes est exigée. Cette autorisation, délivrée par l'autorité administrative compétente en matière d'urbanisme, est valable trois ans et peut être renouvelée. »[3]



[1] POUPARD, A., Textes officiels, camping, caravaning, hébergements de plein air, Sp/mai 2001, Fédération Française de camping et de caravaning, 2001, np. - Décret n°59-275 du 7 février 1959

[2] GIL, G., Note juridique relative au droit pénal de l’urbanisme, Parquet de Rochefort, 1997, np.

[3] Op. cit (METL - R. 443-9 –9770) - 9février 1998. - M. Alain Claeys / Mme le garde des sceaux

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 17:33

Avec plus de 10 millions de pratiquants, le camping est une pratique fortement populaire, où toutes les catégories sociales sont représentées avec une forte majorité de salariés, d’artisans et de commerçants. Quatre segments de campeurs existent : le « familial » qui recherche un espace où il peut accueillir les membres de sa famille et où il peut se consacrer à ses loisirs favoris dans un cadre collectif ou individuel groupé. Le « patrimonial » qui cherche à constituer un patrimoine transmissible. Son objectif principal est de devenir propriétaire d’un emplacement et surtout de l’améliorer par l’ajout de divers suppléments. « L’ermite » qui souhaite être seul au sein de l’immensité de la nature. Il peut acquérir une parcelle isolée ou parcourir de manière sauvage les espaces naturels. Le « touriste » qui loue des emplacements dans des terrains de camping différents.

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 14:26

Depuis le début 20ème siècle, de nombreux campeurs transforment leur automobile en véhicule aménagé pour y passer de brèves vacances. Ce mode de tourisme itinérant s’avère particulièrement pratique lors des excursions dans des pays étrangers où l’hôtellerie était peu développée ou pour atteindre rapidement des lieux éloignés.

En 1926, l’auto-camping est décrit par R.R. Miller, américain venu en France lors de la première guerre mondiale et resté pour développer le scoutisme et l’auto-camping, comme « une institution nouvelle enfantée naturellement et inévitablement par la vulgarisation de la voiture automobile. C’est la solution des voyages en auto à bon marché, c’est la possibilité pour chaque famille de bénéficier des joies de la vie au grand air en toute liberté et indépendance »[1]. Cette vision d’une voiture proche du campeur provient de ses origines américaines, pays où la voiture est devenue un bien de consommation accessible dès le milieu des années 1920. R.R. Miller estime que « comme beaucoup d’américains, [les campeurs français] ont fait tous les deux de longues randonnées dans leur auto, à travers leur pays, afin de jouir des beaux sites qu’il offre et aussi du sentiment de liberté devant les grands espaces et afin d’oublier ainsi les détails et les mesquineries de leur vie journalière »[2]. L’engouement pour l’auto-camping, relativement faible avant la seconde guerre mondiale, fut le fait de quelques campeurs audacieux qui avaient transformé leur voiture en habitacle roulant pour pouvoir visiter des pays où l’hôtellerie était naissante.

Après guerre, de nombreux campeurs pédestres s’essayent à la pratique de l’auto-camping, avec des résultats mitigés car « la question est de savoir si l’on possède les trésors de la route autant que le pédestrian »[3]. Les premiers à l’essayer sont parfois surpris par la vitesse de déplacement des voitures mais la familiarité avec ce mode de déplacement entraîne les campeurs à l’utiliser à bon escient. R.R. Miller estime que le camping pratiqué par les auto-campeurs nécessite peu de confort pour apprécier les merveilles de la nature. Il réfute les propos de Ch. et H. Bonnamaux, pour qui « camping est synonyme de rusticité »[4], selon lesquels le camping « serait un peu trop proche de notre mère la Terre [à manger tout le temps par terre], ce serait trop complètement un retour à la nature. Cela conviendrait peut-être à un Indien qui ne soit pas encore devenu la victime de cet usage décadent de s’asseoir dans un siège confortable devant une table bien servie. Les gens qui campent et qui circulent en auto, semblent avoir un penchant incurable pour les petits conforts et les raffinements de la société dite civilisée »[5]. Dans cette recherche de confort, les auto-campeurs tentent d’emmener avec eux des meubles transportables mais R.R. Miller considère que les auto-campeurs doivent réussir à atteindre un certain degré de simplicité dans la manière de concevoir la vie quotidienne.


[1] MILLER, R.R., L’auto-camping, Ed Berger-Levrault, 1926, 146p.

[2] op. cit. (MILLER, 1924), p. 2

[3] CONSTANTIN-WEYER, M., Le flâneur sous la tente, Stock, 1946, p28

[4] BONNAMAUX, H. et Ch., Manuel pratique de camping, TCF, [1918], p.18

[5] op. cit. (MILLER, 1924), p. 53

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