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Mes publications

Ouvrages

POULAIN, F. (sous la dir), Les églises de l'Eure à l'épreuve du temps, Editions des Etoiles du Patrimoine, 2015, 240p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F, La reconstruction dans l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, décembre 2010, 350p.

POULAIN, F, Les Ateliers d'urbanisme Associatifs, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, juillet 2010, 229p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F.Le Millefeuille de l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, octobre 2010, 160p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F,Manuel des Territoires de l'Oise, ou comment territorialiser le Grenelle de l'Environnement, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, janvier 2010, 500p.

POULAIN, F, Le camping aujourd'hui en France, entre loisir et précarité, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, septembre 2009, 172p.

POULAIN, F., POULAIN, E.,  L'Esprit du camping, Cheminements, 2005 , Éditions Cheminements, octobre 2005, 312p.

POULAIN, F.,  Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements), Éditions Cheminements, juin 2005, 128p.

COSSET, F., POULAIN, F., Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002 , Chalets, petites maisons et mobile homes du bord de mer, Coll. Les carnets d’ici, Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique de Basse Normandie, 2002, 64p. ISBN 2-9508601-7-6 (br.)

 

Ouvrages collectifs

BOISSONADE, J., GUEVEL, S. POULAIN, F. (sous la dir.),Ville visible, ville invisible, Éditions l'Harmattan, 2009, 185p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), 2009, l'aménagement durable des territoires de l'Oise,Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, 2009, 184p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), L'Oise, territoire 2008, Éditions de la direction départementale de l'Equipement de l'Oise, 2008, 127p.

 

Articles parus dans Bulletin des Amis des Monuments et Sites de l'Eure (2012-2014),Rapport sur le mal logement – Fondation Abbé Pierre(2008-2014),Études Foncières(2000-2009),Le Moniteur (2005),Espaces, Tourisme et Loisirs(2005- ),Les Cahiers de la RechercheArchitecturale et Urbaine (2004),Territoires(2004),Le Caravanier, camping-caravaning(2004),Cahiers Espaces (2001-2003),Labyrinthe (2001),Urbanisme(2000) + nombreux articles dans des revues grand public (Libération,Le Monde,Le Point,Le Moniteur,Ouest-France...)

 

Actes de colloques parus dans Changement climatique et prévention des risques sur le littoral, MEDAD (2007) « Camper au XXIesiècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté » (2007)Identités en errance.Multi-identité, territoire impermanent et être social, BOUDREAULT, P-W, JEFFREY, D., (sous la dir.),Petites machines à habiter, Catalogue de l’exposition du concours « Home sweet mobile home ou l’habitat léger de loisirs », Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, (2004),« Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ».Droits de propriété, économie et environnement : le littoral, IVème conférence internationale(2004), FALQUE, M. et LAMOTTE, H., (sous la dir.).

4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 16:10

 

    La présence humaine sur la colline de Triqueville est attestée depuis la préhistoire car des outils y ont été découverts. Ce sont ensuite les Celtes qui occupent le secteur puis les Gallo-romains. La distribution des voies romaines permet d'établir un tracé cadastral qui est le support de premières constructions au IIe siècle, alimentées par un aqueduc. Au Xe siècle, l’abbaye des Préaux est construite pour accueillir une communauté bénédictine. Cet établissement religieux a été entièrement démantelé en 1793, suite à la Révolution.

    Le destin du site ne s'arrête pas là, puisque la Seconde Guerre Mondiale et l'Occupation y ont laissé leur empreinte.

    Histoire de la base aérienne de Triqueville.

    Si aujourd'hui le verger de pommiers de la ferme du Ponctey respire le calme et la sérénité, cela n'a pas toujours été le cas. L'histoire de l’aérodrome puis de la base militaire de Triquevillle a été aussi courte qu'intense.

    Dès 1938, le site est utilisé par des aéroplanes civils pour rejoindre les plages normandes et la ville voisine du Havre. En 1939, les civils sont remplacés par l'Armée de l'Air qui décide d'y implanter une base. A la déclaration de la guerre, la mobilisation entraîne l'arrêt de l'aménagement de l’aérodrome.

    Suite à l'offensive du 10 mai 1940, les allemands prennent possession des terrains à partir du 15 juin et initient de nouveaux aménagements pour la Luftwaffe. Les avions de combat (Stukas /Me 109) s'y entraînent et la célèbre escadrille Richthofen occupe les pistes. Le but de cette base est de préparer l'invasion de l'Angleterre, et de protéger les plages de la Manche. De juillet à décembre 1940, aucun civil n'est autorisé à pénétrer dans l'enceinte du terrain : barbelés, gardiens et bergers allemands veillent.

    En 1941-42, les Allemands poursuivent l'aménagement du terrain : cantines, pistes bétonnées, parkings alvéoles, abris souterrain, hangars, postes d'observations, DCA, casemates, station de pompage, centrale téléphonique, mirador, butte de tir. Une centaine de STO (personnel réquisitionné par le Service du Travail Obligatoire) travaille sur le site. Une cinquantaine de nouveaux chasseurs, les Focke-Wulf / FW 190, plus rapides, occupent les pistes. L’effectif sur le terrain est de 1000 hommes. A partir de la fin 1942, les bombardements alliés sur le site se succèdent et s'intensifient jusqu'à début août 1944, causant d'importants dommages dans les villages alentours De nombreuses batailles aériennes ont lieux et engendrent une grande quantité d'épaves d'avions. Trois bases de dégagement - Evreux, Beaumont le Roger, St André – sont prévues pour que les avions allemands puissent se poser. En 1944, les événements s'accélèrent : entre mars et la libération, le réseau de résistance du Maquis Surcouf opère des sabotages sur les hangars, le train d'atterrissages de 5 chasseurs, les lignes électriques. Le terrain est abandonné à la mi-août faute de carburant, les plates-formes détruites, les pistes rendues impraticables.

    A la fin de la guerre, 50 prisonniers Allemands remettent le terrain en état et démontent les hangars.

    Il reste encore bien des ruines à voir. Pour cela, il faut avoir accès à des terrains privés dont certains sont visibles depuis le rebord des routes. Une vingtaine de blockhaus sont en place, quelques pistes bétonnées subsistent ainsi que le central téléphonique, 4 hangars, les bases des deux miradors et la dalle de tir munie de 13 anneaux pour fixer les avions afin de régler la parallaxe des mitrailleuses, etc. Dans le diaporama qui vous est proposé, de nombreuses photos aériennes présentent l'emplacement des structures, le tout sur une superficie de 4 km2. La plupart des constructions sont enterrées.

    Il est certain que ce site mériterait d'être protégé.

    L'aérodrome allemand de Triqueville - Les Essentiels Connaissance n°63 avec Philippe CACLARD
    L'aérodrome allemand de Triqueville - Les Essentiels Connaissance n°63 avec Philippe CACLARD
    L'aérodrome allemand de Triqueville - Les Essentiels Connaissance n°63 avec Philippe CACLARD
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    Published by France Poulain - dans Les Essentiels
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    25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 16:07

     

    Sources générales

    Voir fiche Les Essentiels Connaissance n°61

    Les Aérodromes allemands bétonnés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure.

      Les aérodromes allemands fréquemment cités durant la Seconde Guerre Mondiale sont les suivants : Barville, Beaumont-le-Roger, Bernay, Bernienville (?), Conches en Ouche, Droisy, Étrépagny, Évreux, Marcilly-la-Campagne, Saint-André-de-l’Eure et Triqueville (voir fiches Les Essentiels Connaissance n°127 et n°136).

       

      Barville. Le terrain d’aviation se trouvait à l’Est et au Nord du manoir. Il est difficile d’en préciser les limites. Les installations périphériques s’étendaient au nord jusque sur le territoire de Saint-Aubin-de-Scellon. Le site de la communauté de communes précise qu'un bombardier, le Wellington, a été abattu par la DCA allemande le 15 octobre 1941 pour protéger le champ d’aviation de Barville, mais B. Troyard indique que ce terrain utilisé par des bombardiers a été abandonné dès la fin 1940 en raison de la nature argileuse et boueuse de son sol.

      Les aérodromes allemands enherbés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°62

      Beaumont-le-Roger. C’est le plus important aérodrome utilisé uniquement par la chasse puisqu'il a accueilli jusqu’à 2000 hommes. Les installations sont principalement sur la commune de Beaumontel, avec quelques débordements sur Beaumont-le-Roger et Le Tilleul-Othon.

      Les aérodromes allemands enherbés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°62


      À partir de la photographie de 1947, on repère assez bien en plus clair les voies bétonnées et dalles de béton correspondant aux hangars ou aires de dispersion et qui sont repérées en rouge pour les voies visibles qui existent encore (certaines sont aujourd’hui goudronnées), par un H rouge l’emplacement des hangars et des aires de stationnement (ou de dispersion). Est figuré en vert ce qui a disparu sur les photographies actuelles.

      Une aire plus grande que les autres, totalement disparue, est visible sur la photographie de 1947 ; il s’agissait peut-être de l’emplacement du hangar d’entretien. À noter que les aires de dispersion les plus au Nord sur Le Tilleul-Othon ne sont pas répertoriées sur la carte du site de la DGAC.

      L’Association Normande du Souvenir Aérien (ANSA 39-45) indique que les officiers étaient logés au château aujourd’hui disparu de Beaumont-le-Roger (Château de la duchesse de Magenta). Simone Arèse, familière des lieux, indique certes que ce château était réquisitionné par les Allemands et abritait la Kommandantur mais ne fait pas référence à la Luftwaffe. D’autres sources disent que les officiers de la Luftwaffe étaient logés dans un autre château de Beaumont, le château de Vieilles, qui, lui, est toujours debout et abrite le foyer pour handicapés des Papillons Blancs (rue du Château). Il devait donc y avoir des Allemands dans tous les châteaux, mais pas nécessairement des mêmes armes.

      Bernay. C’est l’aérodrome actuel de Bernay-Saint-Martin. Contrairement à ce qu'indique la fiche de la DGAC, il apparaît que cet aérodrome a été utilisé et renforcé par les Allemands. Ainsi, l’aéroclub de Bernay indique que « pendant l’occupation, des travaux considérables sont effectués par les Allemands pour développer Bernay-Saint-Martin en direction de Champeaux, de la Pilette et du Malharquier ». Cette version est davantage compatible avec le grand nombre d’aires de dispersion et autres installations annexes visibles sur la photographie de 1947 (de l’autre côté de la route de Bernay à Thiberville).

      Les aérodromes allemands enherbés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°62

      Bernienville. Le musée de la BA 105 indique cet aérodrome mais ne cite pas celui de Barville. Or, nous n'avons pas réussi à trouver d'information sur cet aérodrome et B. Troyard ne le mentionne pas. Il faut donc continuer les investigations, notamment en demandant plus d'information à la BA105.

      Droisy. Ce terrain a existé car des mouvements d’avions français y ont été signalés, mais pour la période de début juin 1940, soit avant l’occupation des lieux par les Allemands. Il n'est donc pas certain que les Allemands l'aient utilisé.

      Étrépagny. Il s’agit du terrain actuel. B. Troyard n’a récolté aucune information et fait l’hypothèse d’un terrain de dégagement. Sur une photographie IGN de 1946, aucune installation militaire n’est visible.

      Marcilly-la-Campagne. Ce terrain est à cheval sur les communes de Marcilly-la-Campagne, Illiers-l’Évêque et Coudres. On le trouve souvent appelé terrain d’Illiers-l’Évêque parce que c’est sur cette commune qu’il se situe majoritairement et que le commandement était installé au château de Jersey. On distingue encore parfaitement la voie périphérique et une partie des aires de dispersions. B. Troyard indique qu’il a été utilisé quelques semaines après le débarquement de juin 1944 comme terrain de dégagement des chasseurs de Saint-André-de-l’Eure.

      Les aérodromes allemands enherbés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°62

      Triqueville. Cet aérodrome d’une centaine d’hectares en gazon initié par les Français a été construit par les Allemands à partir de juin 1940. Jusqu’en 1943 il a abrité des unités de chasse et un atelier de remise en état des avions endommagés lors de missions vers l’Angleterre. À partir de 1943 jusqu’à août 1944, il n’a plus eu qu’un rôle secondaire de terrain de secours et de dispersion. Outre des ruines de bâtiments et de casemates non discernables sur les photos aériennes, il subsiste quelques traces d’aires de stationnement ou de hangars (flèches rouges sur l’image suivante). Il sera développé dans une autre fiche à venir par M. Caclard qui a largement étudié son histoire, avec l’association Mémoire et histoire.

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      Published by France Poulain - dans Les Essentiels
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      25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 16:05

      Les aérodromes allemands fréquemment cités durant la Seconde Guerre Mondiale sont les suivants : Barville, Beaumont-le-Roger, Bernay, Bernienville (?), Conches en Ouche, Droisy, Étrépagny, Évreux, Marcilly-la-Campagne, Saint-André-de-l’Eure et Triqueville.

       

      Sources générales

      Cartes et images aériennes de Géoportail http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

      Photographies aériennes anciennes de l’IGN. Un échantillon du fonds de photographies aériennes anciennes est accessible sur Géoportail (rubrique Remonter le temps). Celles de la fin des années 1940 sont particulièrement intéressantes.

      Atlas historique des terrains d’aviation de 1919 à 1947 de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC)

      http://www.developpement-durable.gouv.fr/Atlas-historique-des-terrains-d.html

      Lien direct de l’application interactive (Flash) : http://atlas.aviation-civile.gouv.fr

      Le survol historique est une bonne entrée en matière ; la rubrique Un peu d’histoire… détaille sous forme de texte sans donner beaucoup plus d’information ; la recherche par la carte de France ou la recherche multicritères permet d’accéder aux aérodromes de l’Eure. Les informations données sont fragmentaires et parfois inexactes ; par exemple, tous les aérodromes ne sont pas cités, la période américaine de l’aérodrome d’Évreux fait l’objet d’une seule ligne. Une fiche présente néanmoins l’histoire de chacun des aérodromes mentionnés. La photothèque présente quelques photos anciennes.

      Article de Bruno Troyard L’aérodrome allemand de Beaumont-le-Roger 1940-1944 (Connaissance de l’Eure n°154 – octobre2009). Cet article issu de son mémoire de maîtrise d’histoire est principalement consacré à Beaumont-le-Roger, mais replace cet aérodrome dans l’ensemble du dispositif et donne quelques informations sur huit autres aérodromes allemands.

        La localisation de certains, l’évaluation de leur périmètre et l'identification de vestiges sont possibles sur photographies aériennes ou sur documents, sachant que cette méthode ne permet pas d’identifier ce qui est trop petit ou caché sous la végétation.

         

        Seuls Conches, Évreux et Saint-André-de-l’Eure, dédiés aux bombardiers, ont été équipés de pistes en béton ; les autres étaient des terrains en herbe avec des installations périphériques dispersées parfois assez loin. Ils disposaient quand même de quelques pistes en béton ou de bouts de piste pour commencer leur décollage ou atterrir. Il a même existé des terrains annexes sans équipements permanents qui n’ont peut-être jamais été répertoriés. Par exemple, le témoignage suivant fait état d’un petit terrain créé à Sassey, hors du périmètre du terrain d’Évreux, pour échapper aux bombardements… jusqu’à ce qu’un résistant fasse remonter l’information ! (Page 25 de http://chantran.vengeance.free.fr/Doc/Bories%2012.pdf)

        Conches en Ouche (voir fiche Les Essentiels Connaissance n°127). La comparaison entre 1947 et aujourd’hui est intéressante.

        Évreux. L’histoire de cet aérodrome depuis sa création jusqu’à nos jours a été largement étudiée et documentée… même si cette documentation est peu diffusée. Voir notamment l’article de Vanina Gasly, directrice adjointe des Archives départementales, Les ailes d’Évreux ou l’aéronautique à Évreux au XXème siècle dans Connaissance de l’Eure (n° 153, juillet 2009). Il a hébergé des bombardiers et des chasseurs. L’IGN ne présente aucune photographie ancienne de cette zone, mais l'Association Normande du Souvenir Aérien (ANSA 39-45) présente sur son site une photographie américaine de 1942.

        En superposant cette dernière aux vues ou cartes actuelles comme ci-dessus, il est possible de situer les pistes allemandes (repérées en rouge ci-dessous) et les pistes et installations factices peintes en blanc et équipées de faux avions qui n’ont pas trompé les alliés (repérées en vert en haut à droite). Également en rouge à gauche, les voies et aires de dispersions pour leur partie hors de l’emprise actuelle de la BA 105 ; la voie principale est aujourd’hui occupée sur une partie de longueur et la moitié de sa largeur par la route qui va de Fauville à l’ancienne Nationale 13. Les installations allemandes (baraquements, munitions…) s’étendaient jusque dans la zone industrielle actuelle (ellipse verte à gauche).

        Merci à Gérard LEPOINT pour les photos
        Merci à Gérard LEPOINT pour les photos
        Merci à Gérard LEPOINT pour les photos
        Merci à Gérard LEPOINT pour les photos

        Merci à Gérard LEPOINT pour les photos

        Les aérodromes allemands bétonnés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°60

        Saint-André-de-l’Eure. C’est le terrain dont la partie nord est encore utilisée par deux aéroclubs (pistes en herbe). Les deux pistes en béton construites par les Allemands sont hors d’usage. Bruno Troyard précise que ce terrain servait à la formation et l’instruction des nouveaux pilotes de bombardiers et de lieu de repos pour les unités de retour du front russe. Mais il a également accueilli des chasseurs. Les aires de dispersion situées à l’extérieur de la voie périphérique ont presque toutes disparu.

        Les aérodromes allemands bétonnés de la Seconde Guerre Mondiale dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°60
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        Published by France Poulain - dans Les Essentiels
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        18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 16:00

        À Boissy Lamberville, la base n° 198 du Bois Pitou, est une base ultra légère, de deuxième génération, probablement construite vers le début du mois de mai 1944. Il faut alors de 7 à 15 jours pour la réaliser. Les travaux sont souvent exécutés par des prisonniers de guerre, encadrés par 40 à 60 Allemands, du 255ème Flag Régiment spécialistes des V1, formés à Peenemünde en Allemagne mais aussi en Pologne. Après l'attentat contre Hitler, le 20 juillet 1944, la gestion des bases d'armes secrètes est retirée à la Luftwafe, pour être confiée exclusivement aux SS.

        Le fonctionnement de la base est le suivant :

        1. Les V1 arrivent par train de Peenemünde, vers des dépôts avancés d'Authou, de Montfort sur Risle et de la Rivière Thibouville. Ensuite, un camion convoie sur place la bombe, dans une caisse en bois de chêne, qui n'est ouverte que sur la piste de béton de déchargement.

        2. Le V1 est alors conduit dans le bâtiment d'assemblage, fait d'un double mur, en agglos (taille allemande ou belge) avec un espace vide anti-déflagration. Une meurtrière assure l'aération du lieu. L'ensemble est recouvert d'un camouflage. À la sortie de ce bâtiment, le V1 reçoit ses ailes

        3. Les détonnateurs et les produits chimiques dangereux, prévus pour le fonctionnement de la catapulte, sont stockés dans des abris séparés.

        4. Le V1 est amené jusqu'au bâtiment « amagnétique » en suivant une dalle de béton de 20 cm d'épaisseur (que recouvre la route actuelle). L'installation est entièrement en bois et un palan, également en bois, est utilisé pour soulever la bombe, qui est ensuite posée sur une rampe (réplique exactement parallèle de celle qui sera utilisée pour le lancement). Un demi-cercle, indique les degrés du compas. On oriente le V1 sur sa cible (ici Portsmouth) à l'aide du compas magnétique et du gyroscope. On vérifie tous les dispositifs de navigation et de mise à feu.

        5. Le V1 est amené sur la rampe de lancement, inclinée de 8 à 10°, les pieds métalliques reposant sur ces blocs de béton. Le tir sera déclenché depuis un blockhaus semi-enterré, capable de protéger les soldats d'une explosion prématurée (notamment du canon propulseur).

        6. Des réservoirs d'eau sont aménagés près de la rampe, afin de nettoyer de celle-ci après le tir. Le mélange utilisé pour le propulseur de la catapulte est très corrosif

        7. Sur la plaque antirecul, à l'arrière de la rampe, est fixé le canon propulseur (canon à vapeur). Le mélange de deux produits, permanganate de calcium et eau oxygénée concentrée provoque, en une fraction de seconde, la multiplication par 80 du volume introduit et fournir au piston une poussée de 40 à 50 Tonnes, qui glissera sous la rampe, entraînant la bombe.

        8. Le réacteur est allumé simultanément, le V1 glisse à une vitesse de l'ordre de 250 Km/h.

        À Boissy Lamberville, nous pouvons encore observer, une partie de la dalle « amagnétique », les traces du chemin conduisant, sans doute, à l'abri de stockage des produits chimiques, une partie du hangar d'assemblage, une partie du blockhaus de commandement de tir, des isolateurs électriques (encore en place, fixés aux arbres, près du hangar d'assemblage, et s'éloignant vers Lamberville),...

        Les bases de lancement des bombes volantes V1 de Boissy Lamberville et Giverville - Les Essentiels Connaissance n°56
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        11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 15:59

        Afin d'assurer des positions stratégiques permettant d'envoyer des bombes volantes sur l'Angleterre, les Allemands décident dès le début de la Seconde Guerre Mondiale de construire (ou faire construire) des sites de lancement.

        Les bases de lancement des bombes volantes V1 dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°55 avec Claude Chatoux

        Les positions de l'Eure visent la ville de Portsmouth.

        Les bases de lancement des bombes volantes V1 dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°55 avec Claude Chatoux

        Sur les 35 sites prévus dans le département de l'Eure, vers Mars 1944, 17 furent réalisés.

         

        Sites réalisés V1 :

        Sites prévus :

        EIS 184 Bosc Roger en Roumois

        814 Bouquelon

        EIS 185 Bosc Benard Commun (Ferme les Hayes)

        816 Le Landin

        EIS 186 Honguemare (Ferme du château d'Automne)

        825 Crasville

        EIS 187 Bouquetot (Ferme du Mesnil)

        826 La Tetonnière

        EIS 188 Ecaquelon (La Prée)

        827 Anfreville la Campagne

        EIS 189 Boissey le Chatel (Le Hamel)

        828 Ceseville

        EIS 190 La Guerie (Les Hayes)

        829 Crosville la Vieille

        EIS 191 Malleville sur le Bec (La Forge)

        830 Vitot

        EIS 192 Brionne (Le Mont Mal)

        831 Beaufour

        EIS 193 Routot (Ferme Moulin Rachet)

        832 La Neuville Dubosc : le bout de la ville

        EIS 194 Valletot

        833 Perrier la Campagne

        EIS 195 Bretigny (Hameau de l'Orme)

        834 Le Tilleul Othon

        EIS 196 Aclou (La Mare Pecquet)

        835 Saint Léger de Rotes

        EIS 197 Giverville (La Garenne)

        836 Brionne : Saint Denis

        EIS 198 Morsan (Bois Pitou)

        837 Morainville Jouveaux

        EIS 199 Drucourt (Bois des Fains)

        838 Le Favril : Cour Perelle

        EIS 200 Faverolle les Mares (Les Mares Pulantes)

        839 Fontaine la Louvet : la Boissonnière

         

        Haute-Verdières, Beaufour, La Vacherie (château : télécommunications), Grosley sur Risle

         

        Les bases de lancement des bombes volantes V1 dans l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°55 avec Claude Chatoux

        Mais, dès l'annonce du débarquement du 6 juin 1944, toutes les bases de ce type, furent démantelées et reconstruites, en partie, au nord de la Seine. Celle de Boissy-Lamberville, comme celles de Giverville, Boisney, Brétigny, etc...

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        4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 15:53

        Lors d'un Atelier de terrain, et grâce à Colette Boisson, grande connaisseuse du canton de Conches en Ouche, nous avons eu l'opportunité de parcourir en voiture les anciennes pistes d'aviation construites par les Allemands durant la Seconde Guerre Mondiale. Il était alors si surprenant de parcourir librement en voiture ces anciennes plaques de béton faisant office de sol roulable que nous avons souhaité faire partager ce pan d'histoire.

        Le terrain est situé sur quatre communes : Conches, Le Fresne, Mesnil Hardray, Nagel ; entre les routes de Damville et de Breteuil où le défrichement a commencé dès 1939. Ce sont les Français qui entament les travaux mais ils sont rapidement mis sous l'autorité d'un commandement allemand. Il s'agit alors de Français réquisitionnés sur place ou arrivés dans le secteur depuis toute la France sous l'appellation de « Service Travail Obligatoire » (STO). L'objectif est de rapidement construire un aérodrome pour faire des ponts aériens.

        10 juin 1940, Conches en Ouche est occupé. Le 18, les conchois doivent déposer 229 fusils et 30 pistolets à la mairie. La maison située place Aristide Briand devient la kommandantur. Ce sont 76 conchois qui sont faits prisonniers en deux mois. En 1941, la Luftwaffe s'implante à Beaumont le Roger, Evreux et Conches en Ouche.

        Le terrain, qui forme un pentagone irrégulier, fait environ 2 kilomètres de large. Il y a deux grands axes de pistes en béton avec 36 hangars, une tour de contrôle et un garage de réparation (près de l'actuelle déchetterie), où il reste encore 2 caves et un escalier. Il y a aussi 10 postes de tir pour tirer des obus de calibre 105 et un blockhaus. En tout, plus de 4000 personnes y travaillent. M. Gaston Rouillé, 85 ans, indique « mon père partait avec un cheval et une gribane [outil de transport, charrette] depuis Goupigny et prenait la nourriture préparée route de Breteuil et allait la porter aux hommes sur le camp dans les cabanes déjà construites. C'était pas toujours chaud ».

        En 1942, trois maisons sont démolies au Mesnil-Hardray ainsi que l'église de Nagel située en bout de pistes et qui gênait l'atterrissage des avions. Des constructions de baraques en brique et enduit de ciment sont édifiées pour abriter les gradés (longueur : 11m, largeur : 7m, 2 portes, 2 cheminées, murs de 0,50m d'épaisseur). Les matériaux nécessaires à la construction arrivent par la gare de Conches en Ouche et des camions font la navette jusqu'au camp. Un train sur rail emmène la terre vers le Mesnil-Hardray au lieu dit « la Vallée », dont les pommiers disparaissent alors. Sur ce site, un hangar a des fondations aussi profondes que la hauteur hors sol, en béton ferraillé. Les murs sont larges de 1,50mètre. À l'intérieur, seules les zones où les roues circulent sont bétonnées, sous les ailes des avions, il n'y a que de la terre. À côté, un cylindre reçoit l'eau nécessaire en cas d'incendie.

        Les Allemands vont dans les communes environnantes (Portes, Ormes,...) pour chercher des travailleurs dont le travail est notamment d'étaler le ciment des pistes. Des camions ramènent le soir les hommes. M. Steph Dwyck se souvient : « mon grand-père rebouchait mal les trous de bombe, les autres travailleurs faisaient de même et les avions perdaient leur vitesse et ne décollaient pas ou tombaient en panne ».

        Une conduite d'eau démarre alors du château de Champ-Dolent vers le camp. Le défrichement se poursuit dans la forêt de Nogent et une cabane est édifiée mais son usage reste inconnu. Les châteaux de Champ Dolent et du Fresne (à Quenet) abritent les officiers et les sous-officiers.

        Les soldats se déplacent alors en chantant et en scandant « AI-AO », etc. A Champ-dolent, le nom d'un homme est encore visible dans l'écurie du château ainsi que des graffitis plutôt moroses de soldats. Au bois des cinq vignes, l'emplacement du transformateur électrique construit pendant la guerre est encore visible.

        En 1942, 153 postes de TSF sont réquisitionnés et déposés à la mairie. De 1942 à 1944, 37 attaques aériennes dont 17 sur le camp et 3 attaques sur les trains dont des morts à la laiterie « MAGGI » (emplacement actuel du Champion).

        Le bilan en terme de mortalité est de 14 soldats en 1940, de 21 victimes civiles (dont 8 par les Allemands et 6 par déportation). Il y a 180 sinistrés partiels, 150 sinistrés totalement, des routes éventrées, des arbres tombés, de réseaux détruits et de bombes enfouies dans un large secteur ; dus en partie à des actions de résistance et aux représailles qui s'ensuivaient. Pierre Sandoz explique ainsi que « avec 8 autres, nous avons coupé des arbres qui sont tombés sur la route. Le convoi allemand a été bombardé route de Sainte Marthe. On avait un seul pistolet. On n'était pas fiers ». Les actes de résistance sont aussi liés à la fabrication de 300 fausses cartes d'identité, de l'évacuation d'une vingtaine de pilotes anglais, de la mise en place d'une radio clandestine, de la cache de réfractaires au STO, de l'abattage d'arbres sur les routes, du sabotage de voies ferrées et de la construction de 12 abris. Les représailles conduiront à ce qu'un commerçant soit tué, que 5 ouvriers soient fusillés sur le terrain d'aviation et, à la Libération, à ce qu'un homme soit arrêté pour collaboration.

        À ce moment, effectuée par le 2ème bataillon du 67ème Armored Regiment venant par la route de Damville le 23 août 1944, les soldats allemands incendient leurs installations. La gare, la laiterie et une trentaine de maisons ont été touchées. Après la guerre, les dommages de guerre permettent de remplacer les habitations détruites : à Conches en Ouche, une ferme et une habitation ; au Fresne, deux maisons ; à Nagel, une ferme et deux habitations et au Mesnil Hardray, trois habitations et des bâtiments de ferme.

        En 1990, un ancien militaire qui loge route de Breteuil est venu faire son pèlerinage et a été ému lorsqu'il a reconnu son quartier. Colette Boisson lui a alors offert un carton gris : c'était un ticket-repas qu'il avait connu.


        Les quelques socles de hangar restants sont aujourd'hui cachés par la végétation, deux autres socles et un bout de piste ont été concassés mais mais l'usure du matériel est décevante. Il reste plusieurs socles de hangar, dont certains sont utilisés par des cultivateurs et des particuliers . Aujourd'hui, les pistes sont en partie utilisées par le club d'aéromodélisme mais sont surtout connues de tous les habitants du coin et servent notamment aux parents qui désirent apprendre les bases à leurs enfants en matière de conduite automobile. Le cimetière de l'ancienne église de Nagel est toujours en place et respecté.

        Les pistes allemandes d'aviation de Conches en Ouche - Les Essentiels Connaissance n°53
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        28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 15:47

        Les murs de l'Eure portent des inscriptions qu'il est intéressant de relever, de décrypter (ou tenter de décrypter) et de transmettre.

        Il existe tout d'abord un véritable savoir-faire lié à l'usage des briques de différentes couleurs. Rappelons que la couleur est liée à la teinte de l'argile et qu'il était donc localement peu fréquent d'avoir plusieurs teintes. En effet, les campagnes de fabrication de briques étaient rares (1 à 2 fournées par an) et elles provenaient toutes du même secteur géographique. Parfois, certains lits d'argiles variaient mais les couleurs restaient globalement dans les mêmes teintes.

        Pour autant, ces briques n'étaient pas positionnées de la même manière dans les fours fabriqués à cet effet. En effet, les briques qui étaient disposées au niveau des trous d'aération des empilements étaient zébrées car seule une diagonale était portée au feu.

        Les briques les plus au coeur de la fournée étaient soumises à des températures très élevées (plus de 1000 degrés) ce qui conduit à leur vitrification. Elles deviennent alors noires et peuvent même se fracturer sous l'effet de la chaleur. Trop fragiles, elles ne sont demeurées que pour leur intérêt décoratif. Peu nombreuses (puisqu'uniquement au coeur de la fournée), elles étaient réservées à des usages singuliers : murs de châteaux ou d'églises... Dans de rares cas, elles ont permis de laisser des dates sur les murs des églises, comme sur celle de Fleury la Forêt, pour évoquer une période de reconstruction.

         

        Les mots des murs en brique de l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°47

        Il est plus incertain de chercher un sens aux lettres présentes sur le mur du cimetière de Bourneville, puisqu'on arrive à lire :

        IEHANtVtVENELSXt

        Serait-il possible de voir un « JEHAN » ? puis un nom ? Peut-être un jour trouverons-nous trace d'un nom ou d'un lieu qui nous permettra de déchiffrer ce rebus, pour l'instant, nul n'en est capable. Sur le mur du château de Ménilles, il demeure également un brin de mystère car si certains retrouvent les monogrammes d'Henri II et de Catherine de Médicis, il est souvent donné comme explication une série de signes cabalistiques qui souhaiteraient la bienvenue au roi.

        Il est tout aussi intéressant, voire plus, de retrouver des noms portés sur les briques avant leur cuisson, comme c'est la cas à Beauficel en Lyons ou à Routot. Dans un cas, un mur d'église, dans l'autre, le mur d'un manoir. Serait-ce le nom des potiers qui fabriquaient les fournées ? Si cette explication est plausible, il est par contre très étonnant de ne pas en trouver en grand nombre. Certes, les briques se fabriquaient par milliers et il est certain qu'il n'était pas possible de toutes les marquer (comme cela sera le cas à la période industrielle voir les dernières images) ; mais justement par leur nombre, il devrait être plus fréquent d'en trouver.

        Un nouveau champ de recherche s'offre à nous alors n'hésitez pas à nous communiquer les murs de brique ou briques marquées que vous pourriez trouver dans l'Eure.

        Les mots des murs en brique de l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°47
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        7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 15:08

        Récemment, j'ai entendu dire que « l'ABF ne voulait pas de colombages colorés au Bec Hellouin »... Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre ce commentaire alors qu'une partie importante du charme de ce village vient justement des colombages colorés qui parent les façades tout autour de la place de l'abbé Herluin ou des rues adjacentes. Il m'est donc apparu nécessaire de clarifier ce point afin de lever toute incompréhension.

        Les couleurs des colombages de l'Eure - Les Essentiels Conseils n°35

        La première chose est qu'il existe deux types de villes dans l'Eure : celles où les colombages sont colorés et celles où elles ne le sont pas. Ainsi, Cormeilles ou Conches-en-Ouche disposent d'un patrimoine de maisons à pans de bois tout à fait considérable mais elles ne sont globalement pas peintes. Le bois est marron foncé, parfois lasuré ou teinté mais il n'y a pas de couleur. Alors que Bernay, Pont-Audemer ou Quillebeuf-sur-Seine sont au contraire extrêmement colorés. Pour mémoire, les colombages étaient souvent peints ou teints en rouge foncé, couleur « sang de boeuf ».

        Dans un cas comme dans l'autre, je considère qu'il faut poursuivre l'ambiance des lieux existants et qu'un pan de bois bleu foncé isolé à Conches-en-Ouche serait effectivement anachronique. Mais il ne le serait pas à Quillebeuf-sur-Seine où le bleu pourrait être outremer ou azur car, après tout, les marins et leurs bateaux étaient parés de multiples couleurs. Au Bec Hellouin, la couleur serait sans doute bleue pastel afin de mieux s'intégrer à celles qui existent déjà.

        Ainsi, il n'y a pas de règles automatiques à la colorisation des pans de bois.

        Il faut regarder l'existant pour s'intégrer et non s'imposer au milieu des autres constructions. Le métier d'architecte des Bâtiments de France est bien dans cette recherche d'harmonie et de respect des lieux.

        Le deuxième élément à prendre en compte est la densité de la couleur. Dans certains cas, le pastel va être à la base de nombreuses colorations, dans d'autres, les couleurs peuvent être beaucoup plus denses. Il n'y a pas de contraintes préalables mais il faut vérifier que la nouvelle teinte va bien s'harmoniser avec l'existant.

        Le troisième point de réflexion vient de l'adéquation entre la couleur du colombage et la couleur de l'entrecolombage. En effet, cet entrecolombage peut être blanc, ocre, beige clair ou beige foncé mais ne pas jurer avec la couleur des colombages. Sinon on peut entrer dans des styles peu locaux, je pense notamment à des entrecolombages tirant sur le jaune avec des colombages vert ou bleu. Il faut veiller à rester dans les beiges clairs à beige blanc.

        Les couleurs des colombages de l'Eure - Les Essentiels Conseils n°35
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        3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 15:04
        Armentières sur Avre

        Armentières sur Avre

        Après sont extraction, souvent en automne, la terre était mise à « pourrir » afin que les eaux de pluie les lavent de leurs impuretés. Il ne fallait pas que la terre comporte des éléments qui la fassent éclater à la cuisson.

        Une fois la terre préparée, on pouvait soit la découper en carré ou en rectangle à partir de grandes surfaces aplanies, soit la mettre en forme dans des moules sans fond. Les surfaces étaient soigneusement raclées avec un instrument plat pour que les surfaces soient déjà prêtes. La sous-face pouvaient être percées de trous plus ou moins importants pour que le pavé prenne bien avec le matériau de joint.

        Un pré-découpage pouvait également être fait (dans la diagonale de la tomette) afin de faciliter son découpage après la cuisson.

        Dans le cas présent, il ne s'agit ni de pavés uni-monochromes, ni de pavés à décors en relief, ni de pavés bicolores, ni de pavés estampés, à décors incrustés ; mais de pavés estampés à décors à engobes.

        C'est à partir d'une forme en relief inversé que le trou est créé dans la tomette encore fraîche. Le décor à engobe était appliqué après l'estampage. Les creux, entre 1 à 2mm, sont remplis d'une argile blanche (lorsque la tomette est faite d'argile rouge) afin que le motif se voit durablement.

        Pour finir, les bords du carreau étaient parés. Pour cela, on posait le carreau sur une forme dotée de petites pointes et on pouvait ainsi biseauter le bord. Une glaçure était réalisée sur l'ensemble pour protéger les surfaces.

        Très rarement, cette technique a été utilisée pour réaliser des tomettes funéraires.

        On en connait trois cas dans l'Eure : à Armentières où elle était encore jusqu'en 2015 en place (mais a été déposée et cassée lors des travaux de réfection du clocher), à Mandres et à Saint Christophe sur Avre. L'article de Denis Lepla « Découverte à Saint Christophe sur avre » (ASEVE) nous apporte des éléments très intéressants sur les trois carreaux de Saint Christophe. Il faut également noter qu'il fait référence à une plaque à Armentières pour un feu « louis le grand », qui n'est pas celle que j'ai vu et recensée qui identifie un « jean lugay ».

        La signature en bas de l'une des six tomettes de Saint Christophe sur Avre par l'un des potiers d'Amentières sur Avre : Jean Guincestre. Il semble donc, vu la proximité géographique des carreaux retrouvés, la période chronologique très courte de leur production que c'est Jean Guincestre qui les a toutes créées. A voir s'il est possible d'en retrouver d'autres!

        La restauration s'effectue grâce à une résine acrylique. Notons que l'un des carreaux de Saint Christophe sur Avre a été reposé et mis sous protection grâce à une plaque de verre.

        Les carreaux funéraires  des églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance n°94
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        1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 18:29

        Sur quelques 700 églises que compte l'Eure, l'analyse du positionnement des clochers met en avant deux grandes catégories : celles du clocher intégré dans la toiture (au-dessus de l'entrée, du choeur...) et celles du clocher situé au niveau de la croisée de transept. Ces deux catégories regroupent 79% des églises de l'Eure. Il est également possible que les constructeurs aient fait une tour-clocher accolée mais dont la structure est indépendante. Tous les clochers-tours positionnés au niveau de la croisée de transept ou enserré pour toute ou partie de leur périmètre par un pan de toiture appartenant à l'édifice entier n'ont ainsi pas été intégrés à l'étude. Ainsi, les tours-clochers accolées peuvent être situées à l'Ouest et servir également de porche d'entrée ou être placées au Nord ou au Sud de la croisée de transept.

        Datant des périodes romanes à gothiques, la tour-clocher peut être en pierre : moellons, pierre de taille en craie, grès, grison (Aizier, Ailly, Ambenay, Amfreville les Champs, Amfreville la Campagne, Amfreville sur Iton, Appeville-Annebault,... 95) 14%

        Les tours-clochers peuvent également être en briques et toutes ne datent pas du XIXe siècle (Acquigny, Les Barils, Bosguet, Boulleville, La Chapelle Gauthier, Condé sur Risle, Conteville, Flipou, Louye, Malouy, La Barre en Ouche, La Roussière, Saint Grégoire du Vièvre, Saint Siméon, Vascoeuil, 15) 2,1% ; ou en composé avec un chaînage de brique et enduit (La Couture Boussey, Fontaine l'Abbé, Gournay le Guérin, Grossoeuvre, La Haye Malherbe, La Haye Saint Sylvestre, Longchamps, Mandres, Manneville sur Risle, Martagny, Gisay la Coudre, Mezieres en Vexin, Saint Aubin de Scellon, Saint Denis des Monts, Saint Germain la Campagne, Saint Vincent des Bois, 16) 2,3% ; ou en damier brique et silex ou craie et silex ou enduit (Beauficels en Lyons, Campigny, Capelle les Grands, La Croix Saint Leuffroy, Le Vieil Evreux, 5) 0,7%.

        Le béton est également présent (Pressagny-L'Orgueilleux, La Manoir, 2) 0,3%. Ces églises sont celles qui ont été complètement ou grandement restaurées au sortir de la seconde Guerre Mondiale.

        Il existe également des tours-clochers à pans de bois (Bémécourt, Notre Dame du Hamel, Pullay 3) 0,4% ; ou en soubassement pierre et élévation en pans de bois (Houville en Vexin, Martainville, Saint Aubin sur Gaillon, 3) 0,4% ; ou en brique et silex enduit avec élévation en pans de bois (La Poterie Matthieu, 1) 0,15% ; ou en soubassement pierre sans doute une chapelle primitive et élévation en pans de bois (Houlbec-Cocherel, Mesnil-Verclives, Mouflaines, Puchay, Saint Christophe sur Avre, Saint Germain de Fresney, 6) 0,8%.

        Ainsi, seuls 1,7% des clochers de l'Eure ont une tour-clocher accolée à l'église où au moins 1 niveau est à pans de bois. Cela ne comprend pas, pour mémoire, les clochers installés au niveau des croisées de transept ou des chapelles latérales. Ce très faible résultat met en avant, comme avait pu le faire la fiche n°61, que le pan de bois n'a pas été utilisé de manière prioritaire par les constructeurs des églises de l'Eure et qu'il ne s'est jamais agi d'une technique constructive qui était destinée à être vue. Elle était tout le temps à la fois préservée des intempéries et aussi des regards car ce n'était pas le matériau le plus noble. Les deux seuls exemples visibles sont Notre-Dame du Hamel pour son pied, en pans de bois avec torchis, le reste de la structure étant simplement recouverte d'ardoise et Pullay où la tour-clocher est recouverte par des essentes de châtaignier. L'exemple de Bémécourt est donc tout à fait surprenant car son galandage en briques non recouvert d'ardoises est sans comparaison. Il est fort possible que cette tour-clocher ait été initialement en pans de bois recouvert d'essentes d'ardoises ou de châtaigniers mais qu'une campagne d'entretien ait conduit à son remplissage par du tuileau.

         

        Les tours-clochers à pans de bois  des églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise
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