Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes publications

Ouvrages

POULAIN, F. (sous la dir), Les églises de l'Eure à l'épreuve du temps, Editions des Etoiles du Patrimoine, 2015, 240p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F, La reconstruction dans l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, décembre 2010, 350p.

POULAIN, F, Les Ateliers d'urbanisme Associatifs, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, juillet 2010, 229p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F.Le Millefeuille de l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, octobre 2010, 160p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F,Manuel des Territoires de l'Oise, ou comment territorialiser le Grenelle de l'Environnement, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, janvier 2010, 500p.

POULAIN, F, Le camping aujourd'hui en France, entre loisir et précarité, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, septembre 2009, 172p.

POULAIN, F., POULAIN, E.,  L'Esprit du camping, Cheminements, 2005 , Éditions Cheminements, octobre 2005, 312p.

POULAIN, F.,  Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements), Éditions Cheminements, juin 2005, 128p.

COSSET, F., POULAIN, F., Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002 , Chalets, petites maisons et mobile homes du bord de mer, Coll. Les carnets d’ici, Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique de Basse Normandie, 2002, 64p. ISBN 2-9508601-7-6 (br.)

 

Ouvrages collectifs

BOISSONADE, J., GUEVEL, S. POULAIN, F. (sous la dir.),Ville visible, ville invisible, Éditions l'Harmattan, 2009, 185p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), 2009, l'aménagement durable des territoires de l'Oise,Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, 2009, 184p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), L'Oise, territoire 2008, Éditions de la direction départementale de l'Equipement de l'Oise, 2008, 127p.

 

Articles parus dans Bulletin des Amis des Monuments et Sites de l'Eure (2012-2014),Rapport sur le mal logement – Fondation Abbé Pierre(2008-2014),Études Foncières(2000-2009),Le Moniteur (2005),Espaces, Tourisme et Loisirs(2005- ),Les Cahiers de la RechercheArchitecturale et Urbaine (2004),Territoires(2004),Le Caravanier, camping-caravaning(2004),Cahiers Espaces (2001-2003),Labyrinthe (2001),Urbanisme(2000) + nombreux articles dans des revues grand public (Libération,Le Monde,Le Point,Le Moniteur,Ouest-France...)

 

Actes de colloques parus dans Changement climatique et prévention des risques sur le littoral, MEDAD (2007) « Camper au XXIesiècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté » (2007)Identités en errance.Multi-identité, territoire impermanent et être social, BOUDREAULT, P-W, JEFFREY, D., (sous la dir.),Petites machines à habiter, Catalogue de l’exposition du concours « Home sweet mobile home ou l’habitat léger de loisirs », Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, (2004),« Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ».Droits de propriété, économie et environnement : le littoral, IVème conférence internationale(2004), FALQUE, M. et LAMOTTE, H., (sous la dir.).

25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 18:23

Les églises constituent le premier musée des communes de France par le nombre d'oeuvres visibles, commes les anges ou muses visibles à Launay, Infreville ou Evreux. Elles abritent des oeuvres extraordinaires devant lesquelles il est loisible de s'extasier ou de prendre le temps d'analyser la mniaère dont l'artiste s'est saisi du sujet. La finesse des traits, la joliesse d'un visage,.. il est possible de passer de longs moments à contempler ces oeuvres.

La statuaire naive des églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Mais dans d'autres cas, les oeuvres sont plus réalisées par des artistes moins contraints par les canons d'une époque et plus guidés par leur propre sensibilité. Il en résulte des statues ou des peintures au caractère plus naïf. Cela ne veut pas pour autant dire que ces oeuvres ont moins de valeur, car elles portent en elles l'intention que leur auteur a souhaité leur donner : piété, sainteté, adoration.... En tout état de cause, elles ont sans aucun doute plus de valeur artistique que certaines reproductions en plâtre faites en centaines d'exemplaires des 19ème ou 20ème siècle.

Ces statues de saints les représentent souvent avec des figures assez rondes ou ovales, aux traits simplifiés et aux yeux très expressifs. Elles sont belles par l'intention qui s'y trouve. Elles sont un excellent contrepoint aux oeuvres plus abouties et plus exceptionnelles et font ma joie quand je parcours les églises du département.

Il faut faire attention à ne pas les considérer comme moins importantes que celles qui seraient des aboutissements stylistiques et qui seraient reconnues par les spécialistes. Il ne faut pas les repeindre, et les récentes peintures de La Poterie-Matthieu ou de Berville en Roumois montrent que la naïveté peut être, non au niveau de l'artiste, mais au niveau de son admirateur.

La statuaire naive des églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Il y a donc une différence entre art naïf ancien et mauvaise restauration....

La statuaire naive des églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 18:26

L'art contemporain a toujours été l'un des moteurs en terme de décoration pour les édifices religieux. Il s'agissait, à chaque nouveau style, de doter les édifices pour qu'ils puissent exprimer la dévotion des paroissiens envers leur Seigneur. Il n'est donc pas rare que, ce qui apparaît pour nos yeux comme des trésors, aient été mis à mal voire mis à bas pour céder leur place à de nouveaux styles et à de nouvelles expressions artistiques.

Néanmoins, le XXe siècle aura été le moins prolifique dans l'Eure, si l'on excepte les réalisations dues aux dommages liés à la guerre, notamment pour l'art du vitrail. À cela, deux raisons principales. La première est liée à l'affaiblissement des subsides données par les paroissiens pour l'entretien et l'amélioration des églises et à l'exode rural qui diminue le nombre de paroissiens. La seconde est due au fait que les églises sont déjà bien dotées en patrimoine artistique.

Bien sûr, l'oeuvre présente à la Cathédrale d'Evreux de Paul Kallos (1928-2001) qui fut profondément influencé par sa déportation au camp d'Auschwitz où il demeura prisonnier de 1944 à 1945. En mémoire de cette période très douloureuse, il réalise de nombreuses crucifixions, qui symbolise la souffrance du Christ en écho de celles des hommes. Il avait souhaité que cette oeuvre trouve sa place dans un lieu sacré et l'a offert à Evreux, par l'entremise de Père Paul Bigot.

La peinture contemporaine dans les églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Deux thématiques se retrouvent par rapport à cette oeuvre : celle de la souffrance du Christ qui est assez fréquente dans les oeuvres contemporaines et celle du don des oeuvres aux églises. Ainsi, ce sont parfois des artistes locaux qui offrent leur production à leur église. Il faut bien sûr l'accord du curé pour les installer et il ne faut pas oublier de rechercher une certaine harmonie avec ce qui est déjà en place.

Dans certains cas c'est plutôt des scènes relativement apaisées qui sont peintes. On notera l'habile réutilisation de la peinture de Sainte Barbe sur Gaillon où le Christ a été ajouté à une peinture de paysage et lui donne une force plus importante.

Si ces tableaux trouvent plus ou moins bien leur place dans les églises, l'atteinte à la sacralité des lieux est faible puisqu'il est toujours possible de les déplacer. Il faut ajouter en effet que nombre de tableaux contemporains se déplacent au fil des ans vers les sacristies où ils sont en confrontation avec les oeuvres plus anciennes qui se trouvent dans les églises.

Par ailleurs, il faut faire plus attention aux projets qui viseraient à repeindre ou à peindre directement la surface des murs. En effet, depuis le XIXe siècle, il n'a pas été fait de peintures décoratives sur les murs des églises de l'Eure et il est souvent possible de retrouver les anciennes peintures sous les couches de badigeon. Avant toute oeuvre nouvelle, il faut donc s'assurer qu'il n'existe aucune peinture ancienne d'intérêt qui pourrait être abîmée par la nouvelle. Il faut également que les oeuvres nouvelles allient liturgie, respect de l'histoire du lieu et art sacré. Des projets sont actuellement en cours, notamment aux Baux de Breteuil, et vont l'objet de discussions avec la Commission Diocésaine d'Art Sacré.

 

La peinture contemporaine dans les églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 18:19

Le grès n'est vraiment pas une pierre facile à tailler. Il est déjà extraordinaire de voir avec quelle habileté nos anciens tailleurs de pierre ont sur oeuvré pour façonner des piliers d'église ou des portails de châteaux ; mais cela l'est encore plus lorsqu'ils se sont échinés à orner quelques éléments de décor, notamment au niveau des piedroits des portes et des fenêtres.

On retrouve plusieurs types de décors avec souvent des bandes torsadées ou des motifs de points sculptés (Gournay le Guérin, Chennebrun) et de manière plus rare, des têtes gravées soit sur les têtes de contreforts ou sur les piédroits et de manière unique les éléments sculptés sur les piédroits de la porte à l'Ouest de l'église de Cheronvilliers.

On voit ci-contre un casque viking (?), un bouquet de fleurs, un coeur.. bref des signes qui sont uniques à l'échelle du département.

Les têtes gravées en grès du Sud de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

L'analyse des photographies de la page suivante met en évidence un style et un motif de profil de visage, de poignards (en encadrement) de chevelure ou de chapeaux assez similaire et quand on voit qu'ils se trouvent répartis uniquement dans une aire géographique restreinte : Cheronvilliers, Chaise Dieu du Theil, Epinay, Bosc Renoult en Ouche. Il est alors possible de faire l'hypothèse d'un artiste unique qui aurait gravé tous ces éléments dans une période restreinte et dans une aire géographique de proximité. Cette hypothèse doit être infirmée par des recherches aux archives pour avoir les périodes de construction de ces parties d'édifice. Il faut également poursuivre les investigations pour savoir si d'autres éléments gravés subsistent dans les environs.

Il est également possible de s'interroger sur les ressemblances existantes avec certaines motifs gravés dans des médaillons en bois (La Roquette) ou dans des poutres sablières décorées (Nojeon en Vexin) qui se trouvent, par contre, dans le Nord-Est du département. Bien sûr, les vêtements et visages sont plus détaillés car le bois offre de plus grandes facilités de sculpture mais l'expression et la composition en médaillon sont identiques.

Les peintures de la voûte de Buis sur Damville doivent également être interrogées car là encore les motifs sont proches mais il faut pousser plus loin les recherches en terme de datation.

Les têtes gravées en grès du Sud de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise
Les têtes gravées en grès du Sud de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 18:16

De nos jours, il est fort aisé de considérer les vallées dans leur sens de coulée : celui de la rivière qui les constitue et qui forme leur colonne vertébrale. Mais cela se vérifie-t-il pour les styles architecturaux, paysagers et urbains qui les composent ? Est-il possible de distinguer un style propre à une vallée, ici celle la Lévrière?

Remontons tout d'abord dans l'histoire. La période romane, à l'origine de la quasi-totalité des églises de l'Eure est-elle particulière dans la Vallée de la Levrière ? S'il est possible de noter que nombre d'églises disposent encore de traces romanes datant des 12 et 13ème siècles comme certaines voûtes à croisée d'ogives arrondies, des chapiteaux ornés ou des arcs décorés entourant les baies et les ouvertures ; il n'existe pas de particularisme local.

Au contraire, il est possible de trouver des relations les églises de la vallée et celles des secteurs proches, comme entre Bezu Saint Eloi et Dangu entre terme de modillons, de tour centrale... ou de décoration intérieure, notamment sur cette volonté d'ouvrir le choeur des églises et de lui donner plus de lumière et d'éclat.

Le local se ferait-il alors sentir au niveau des modes constructifs ? En terme de plan, et concernant l'évolution des églises, souvent bâties de manière simple, puis sur lesquelles sont venus s'ajouter des chapelles ou des éléments supplémentaires, les modes constructifs correspondent globalement à ceux présents dans l'ensemble du département : avec l'usage des matériaux locaux sauf lorsqu'il s'agissait de faire plus « riche » comme avec l'usage de la pierre de taille.

Les modes constructifs mettent plutôt en exergue les échanges avec la vallée voisine de l'Epte, par exemple entre l'église de Bezu la Forêt et celle de Bouchevilliers, avec une charpente de clocher visible au début de la nef, puis un chevet arrondi. Mais on va également retrouver ce mode constructif à Acon, dans la vallée de l'Avre. Il n'est donc pas possible de distinguer les églises de la Vallée de la Levrière au niveau de leur architecture extérieure ou de leur composition intérieure.

En terme de matériaux, on constate un fort usage des matériaux locaux : moellons, silex, briques... avec l'un des plus usages du damier polychrome de l'Eure pour l'église de Mesnil sous Vienne (grès ferrineux, silex, brique, calcaire...). Mais ce polychromisme ne s'est pas étendu aux autres églises de la vallée.

Lire à ce propos : Promenade en vallée de la LévrièreLucien Rousselin. Éditions ASALF. Mémoire de la LévrièreLucien Rousselin. Éditions ASALF

Les églises de la vallée de la Levrière, un monde à part ? - Les Essentiels Connaissance EgliseLes églises de la vallée de la Levrière, un monde à part ? - Les Essentiels Connaissance Eglise

Seraient-ce les décors qui seraient d'ici et non d'ailleurs ? Là encore, il n'existe pas de cohérence à la vallée puisque les parois peintes de l'église de Bézu la Forêt constituent l'un des rares exemples encore visibles à l'échelle de l'ensemble du département (présentes également à Saint Philibert sur Risle, Appeville-Annebault et quelques panneaux à Muzy) sans que cela ait percolé aux autres églises.

Les églises de la vallée de la Levrière, un monde à part ? - Les Essentiels Connaissance EgliseLes églises de la vallée de la Levrière, un monde à part ? - Les Essentiels Connaissance Eglise

Notons en passant que les décors du 19ème siècle, très caractéristiques par leurs couleurs passées (violet foncé, marron, orange moyen, bleu gris..) ne peuvent être lus comme des paramètres communs tant ils ont été utilisés sur tout le département, voire le territoire national dans son ensemble. Il faut écarter ce décor pour rechercher les caractéristiques communes.

En terme de charpente, les éléments de charpente, et leurs voûtes lambrisées avec tous les éléments de décor qu'elles comportent (engoulants, blochets, poutre décorées...) appartiennent pour trois d'entre elles (Mainneville, Martagny et Mesnil sous Vienne) à la famille plus large des « petites soeurs du Vexin » des voûtes lambrissées à croisée de transept.

Cette caractéristique est très rare du fait de la richesse qu'elle nécessitait puisque cela voulait dire que l'ensemble de la voûte était faite ou refaite d'un seul tenant et en un seul chantier. La famille comporte en plus les églises de Heudicourt, Etrepagny, Doudeauville en Vexin, Nojeon en Vexin, La Neuve Grange, Puchay, Saussay la Campagne, Lisors, Beauficiels en Lyons, Lorleau et Fleury la Forêt (ainsi que Thibouville, Saint Vincent du Boulay, Saint Victor de Chretienville et la Barre en Ouche pour tout le reste du déparement). La forte concentration de ce type de charpente et de voûte en fait un trait caractéristique du plateau du Vexin, et l'on voit bien que la vallée de la Levrière en a aussi subi l'influence.

Il est toutefois possible qu'une singularité existe dans la manière dont sont posés les bardeaux historiquement car ils sont glissés dans les cerces et non cloués dessus.

Les églises de la vallée de la Levrière, un monde à part ? - Les Essentiels Connaissance Eglise
Les églises de la vallée de la Levrière, un monde à part ? - Les Essentiels Connaissance Eglise

La vallée de la Levrière comporte des éléments exceptionnels comme les décors de Bezu la Forêt, le damier polychrome de Mesnil sous Vienne, les voûtes lambrissées à croisée de transept...mais qui sont à chaque fois uniques et qui ne semblent pas, pour les éléments qui nous restent à voir car des démolitions au cours des siècles ont pu avoir lieu, avoir donner lieu à des écoles locales.

Mais cela serait oublier ce qui est certainement les deux caractéristiques identitaires de ces églises appartenant à une vallée comme celle de la Levrière. Tout d'abord, qu'elles sont toutes construites à flanc de côteau, ni en fond de vallée trop humide, ni sur les plateaux non habités. Enfin qu'elles sont la preuve que ces vallées ne fonctionnaient pas en vase clos ; au contraire, elles étaient en permanence reliées et connectées au reste du territoire et le fait que leur architecture se soit construite en parallèle avec les autres vallées ou plateaux en est la preuve.

Partager cet article

Repost0
28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 18:14

La Révolution Française ne correspond pas à la période de séparation entre la population rurale et le clergé, telle qu'on l'assimile souvent. Il serait erroné de croire que la Révolution a conduit les familles, notamment rurales, à rejeter leurs curés et à ne plus avoir de lien avec la religion. Il faut plutôt voir la période comme une série de transformations où les liens entre un pouvoir politique qui tendait vers la démocratie et un clergé catholique qui perdait son emprise sur une population dans son ensemble. Ainsi, la loi française fit évoluer profondément le rôle et la place du clergé puisque les curés devinrent fonctionnaires par la Constitution Civile du Clergé le 12 juillet 1790. Ils durent se déclarer « jurés » pour bénéficier du nouveau statut accompagné d'un salaire. Au début de la nouvelle ère politique, il n'était pas encore question de séparation réelle entre l'église et l'Etat, qui n'interviendra que 110 ans plus tard. Cette transition n'eut rien d'évident puisque certains curés se refusèrent à « jurer ». Ils n'avaient normalement plus le droit de célébrer la messe et d'occuper les lieux de culte. Mais la population rurale ne l'entendait pas ainsi et nombreux souhaitèrent que « leurs » curés continuent à célébrer la messe, même s'ils n'avaient pas jurés.

Les biens de l'Eglise, devenus nationaux le 2 novembre 1789, furent proposés à la vente dans de nombreux cas. Les églises furent rachetées parfois par les communes, les paroissiens, les nobles demeurés sur place... plus rarement par les curés eux-mêmes ; mais la majeure partie fut acquis par des marchands qui s'en servirent comme « carrières de pierres ». Les églises se sont bien vendues dans le quart sud-est de l'Eure, sans qu'il soit possible pour autant de faire un lien avec le taux de jurés (qui est légèrement moins important par exemple que dans le quart nord-est de l'Eure).

Les bâtiments abbatiaux furent également bien vendus notamment pour ceux présents dans les centres villes qui furent rapidement démolis ou réutilisés car le foncier était déjà cher et rare. Le mouvement n'avait fait qu'amplifier celui entamé dès le milieu du 18ème siècle en raison de la désaffection des bâtiments abbatiaux et de la diminution du nombre et de l'emprise des ordres monastiques.

Pour protéger certaines églises ou par conviction et attachement aux idées révolutionnaires, les paroissiens ou élus les firent rebaptiser « Temples de la Raison », du nom de la déesse qui guidait les travaux révolutionnaires ou « Liberté, Egalité, Fraternité ». Ces inscriptions sont encore visibles aujourd'hui, soit au niveau des chevets comme à Saint-André de l'Eure ou à Ivry-la-Bataille, ou au-dessus de la porte d'entrée comme à Louversey, Chavigny-Bailleul ou à Verneuil-sur-Avre. Plus rarement, il est possible de trouver des inscriptions à l'intérieur des églises, comme sur la poutre au-dessus du retable majeur à Thomer-la-Sôgne.

Durant 10 ans, soit jusqu'en 1801 environ, les liens entre l'Etat et le clergé connurent de nombreux soubresauts, le pouvoir en place tentant d'affaiblir les anciens systèmes de pouvoir comme celui du clergé ou de la noblesse tout en conservant le maximum de stabilité territoriale. Bonaparte Ier consul mettra un terme à ces troubles en consacrant le Catholicisme comme religion de la majorité des Français.

C'est à partir de 1802 que, pour autant que les relations soient plus nettes puisque les ecclésiastiques sont membres de l'administration d'Etat, la vente d'églises s'accélèrent. L'idée étant que les 36 cantons républicains préforment les 36 paroisses du département, ce qui induit une réduction du nombre de paroisse et par-là même de bâtiments « utiles » pour célébrer la liturgie. Selon Bernard Bodinier (Églises à vendre ! Le sort des Édifices cultuels de l’Eure sous la Révolution et l’Empire), on a ainsi vendu au début du 19ème siècle, 219 églises, 25 abbayes, 22 couvents, 4 autres communautés, 69 prieurés et 59 chapelles, soit quelques 400 édifices religieux sur les 1200 existants.

 

Les églises de l'Eure devenues temples de la Raison à la Révolution - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 18:12

S'il est fréquent de trouver des statues positionnées au niveau des retables de l'Eure, non comme le sont les saints qui se trouvent dans les niches, mais au niveau des corniches ou autres localisations d'où les statues participent du décor, il est également possible de voir quelques éléments des retables qui se trouvent semi-engagés dans l'ensemble.

Toutes les parties peintes d'un retable peuvent être en volume par un travail du bois sculpté, qu'il s'agisse :

  • du sommet du retable avec un Dieu le Père bénissant et sortant d'une nuée où des anges se trouvent également mis en volume,

  • des peintures latérales basses, où les figures des saints sont légèrement mises en volume (1 à 1,5cm maxi),

  • de la prédelle qui peut osciller entre sculpture peinte, bas-relief peint et élément sculpté en bois peint,

  • de la porte du tabernacle, c'est le cas le plus fréquent certainement parce qu'il est de petites dimensions mais également parce qu'il s'agit de l'élément le plus symbolique du retable,

  • de l'antependium,

Ces éléments peints comportent une sous-couche en volume. Il faudrait faire des investigations plus poussées pour savoir s'il s'agit de couches de peinture, de plâtre ou de bois sculpté.

Il est également possible de trouver dans de rares églises, à Goupillières et Amécourt, des peintures en reliefs : des demi-reliefs selon l'inventaire. L'objectif était certainement de provoquer encore plus d'émotions de la part du contemplateur.

Les peintures en relief des églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 18:10

Le colombage est un assemblage de bois sciés ou fendus formant la structure de divers édifices de nos campagnes tels les colombiers, les maisons, les manoirs... et ce, sur l'ensemble du territoire eurois. Concrètement, le colombage est l'un des marqueurs identitaires de notre département. Mais la lecture d'un dépliant publicitaire intitulé « Route des églises à pans de bois de Champagne » m'a conduit à me poser la question de savoir si nous disposions d'un patrimoine spécifique d'églises faites de colombages dans l'Eure ?S’interroger sur ce point n’est-ce pas déjà un signe de leur quasi invisibilité dans le paysage ? En effet, et a contrario, si l'on s'interroge sur la présence de damiers pierre blanche-silex noir sur les murs des églises, les exemples ne manquent pas ; pour les églises en colombage, la recherche a été plus complexe.

Le premier élément qui explique qu'il y ait si peu d'édifices religieux faits en pans de bois est que mode constructif n'était pas appréhendé par le passé comme un mode « noble » pour des édifices d'importance. S'il est possible d'imaginer que les premières églises furent faites de bois, il est plus que probable que les constructeurs successifs qui avaient pour objectif d'augmenter les dimensions et la portée symbolique des édifices, ont privilégié des matériaux plus valorisants. Citons la pierre de taille, le grès ou le grison pour la solidité des structures et le silex blanc, noir ou rouge pour l’esthétisme.

Le second élément vient de la pérennité du matériau bois en lui-même qui demande à être entretenu pour être conservé. Il est donc fort probable que les constructeurs lui aient préféré des matériaux plus résistants.

La chapelle de Saint Martin Saint Firmin apparaît comme le seul édifice religieux entièrement construit en pans de bois. On peut également noter le côté nord de l'église de Saint Germain du Pasquier comme élément unique. Deux tours clochers sont faits de pans de bois, à savoir Notre Dame du Hamel et Bémécourt. Les dimensions des bois de la tour de Notre Dame du Hamel sont tout à fait remarquables. Les éléments les plus fréquents faits en pans de bois dans les églises de l'Eure vont être le haut des murs pignons Est ou Ouest des églises (surtout lorsqu'ils sont assez dissimulés) et les escaliers menant au clocher. Les éléments de pans de bois peuvent visibles de l'intérieur et/ou de l'extérieur, sans qu'il ait été possible de distinguer une quelconque règle de composition.

Le fait que seule la chapelle Saint Martin Saint Firmin soit protégée au titre des monuments historiques met bien en évidence le fait que « les édifices religieux à pans de bois » ne correspond pas à une catégorie identifiée en tant que telle, et donc peu étudiée, sans doute par la proximité que le pan de bois a avec le territoire de l'Eure. Or, il est tout à fait remarquable que certains éléments de pans de bois soient encore présents.

 

Le colombage dans les églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise
Le colombage dans les églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:07

Les pierres tombales ont, de tout temps, été réutilisées au fur et à mesure que le souvenir effaçait des mémoires les personnes qui les avaient fait édifiées. Il est très rare que des dalles funéraires aient été préservées, à moins, bien souvent, qu'il ne s'agisse des dalles des seigneurs locaux, magnifiquement ouvragées et qui étaient scellées dans le chœur ou au niveau du transept. Dans ces rares cas, les responsables locaux n'ont pas entamées les pierres en cherchant à les remplacer ou à les réutiliser.

Dans tous les autres cas, il n'y a pas eu autant de considération ; non pas que la relation au défunt ait été moins respectueuse qu'aujourd'hui mais au contraire parce que ces pierres n'étaient considérées que comme une étape mais pas comme l'élément le plus important du souvenir. Le souvenir se faisait au travers des messes que l'on demandait au curé de prononcer pour la mémoire des défunts.

Ces retournements peuvent avoir plusieurs origines.

Dans la plupart des cas, il est fort probable que les plaques aient été déposées au moment de la migration des anciens cimetières vers l'extérieur des villes. Les plaques ont dû être déposées et, si certaines ont pu résister, d'autres ont dû se briser ou les familles n'étant plus présentes ou ne le souhaitant pas, les plaques se sont alors trouvées sans affectation.

Parfois, comme c'est le cas à Roman, c'est un acte volontaire des familles du village qui ont voulu transformer le sol de leur église et ainsi passer d'un sol en terre ou en planche à un sol « en dur ». L'indication présente sur le sol en exprime clairement la volonté. Mais ce n'est pas si fréquent, et il est sans doute possible d'y voir plutôt une volonté de faire des économies.

Les pierres tombales réutilisées des cimetières et églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

En effet, les plaques coûtent cher et il est certain qu'une réutilisation est une solution moins onéreuse.

Les dalles ainsi récupérées ont le plus souvent servi dans les églises mêmes, à leurs abords immédiats tels certains murs de cimetières (notamment l'étonnant sarcophage disposé dans le mur de Surville), ou bien encore des marches extérieures ou des sols couvrant les porches. À l'intérieur, les plaques funéraires faites de matériaux solides et durs ont été reconvertis pour être disposées aux endroits stratégiques tels les emmarchements pour mener au chœur ou à l'autel.

Notons qu'il n'y a pas de recherche de dissimulation de ces réutilisations, tant parce qu'il est souvent possible de lire des bouts de phrase ou de voir des décors mais aussi parce que les dalles ont été retaillées en fonction des besoins. Cela met bien en lumière qu'il ne s'agissait d'actes honteux. Et si nous avons réussi à en retrouver dans de nombreuses églises, il est fort probable que leur nombre est encore plus important puisque, une fois retournées, il n'est plus possible de voir leur destination première.

Les pierres tombales réutilisées des cimetières et églises de l'Eure - Les Essentiels Connaissance Eglise

Partager cet article

Repost0
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:01

Les chapelles en ferronnerie qui se trouvent au-dessus des tombes dans les cimetières de l'Eure ont plusieurs fonctions. La première est liée à la pérennisation du matériau utilisé pour la dalle funéraire et la seconde est la création d'un espace consacré supplémentaire. Il s'agit bien d'une petite chapelle, certes plus restreinte que celle que les aristocrates pouvaient se faire construire accolées aux églises, qui remplissent bien la même fonction, mais d’une autre façon.

Cette délimitation de l'espace peut être simplement faite de bordures de métal de 90cm de haut environ (tombes militaires,...) qui n'acquièrent la définition de chapelles que lorsqu'elles sont fermées par un toit. Ce toit peut être fait de verre et plus rarement de zinc. Il n'existe plus guère de chapelles recouvertes de zinc car celui-ci a tendance à s'envoler lors des tempêtes au contraire du verre, plus lourd.

Une grille vient refermer l'espace et empêcher les dégradations ou les vols car les familles laissent souvent des objets funéraires (couronnes, vases, fleurs...). Lorsque la chapelle est en métal, il n'existe pas d'inclusion de vitrail dans les parois verticales, au contraire de ce que l'on peut voir sur les chapelles en pierre.

Ces modèles en fer et verre connaissent des durées de vie limitées s'ils ne sont pas entretenus. En effet, le verre peut casser du fait des conditions météorologiques (grêle, dégel...) ou en raison de dégradations (jets de pierre...). Par ailleurs, le métal peut rouiller, gonfler et provoquer une désintégration de la qualité structurelle de l'ensemble. Hélas, les visites que nous sommes amenés à réaliser nous montrent que bien peu de ces chapelles sont entretenues. Dans la plupart des cas, les descendants estiment que ces matériaux sont pérennes ne nécessitent donc pas d'entretien. Celui qui peut être réalisé est souvent le fait d'association, telle celle des Anciens Combattants, qui cherchent à pérenniser le souvenir et les traces de ceux qui sont morts pour la France. Les chapelles sont alors suivies et bien entretenues.

De nouveaux modèles voient le jour, comme celui-ci en structure PVC et plaques de polycarbonate. Il s'agit d'une appropriation des modèles anciens par les générations actuelles qui réalisent leur « besoin de chapelle » dans les matériaux actuels. Il ne faut pas y voir une perte patrimoniale tant il est coûteux de réaliser une chapelle en fer et verre à l'ancienne. Le rite funéraire s'adapte aux modes de vie actuels.

Partager cet article

Repost0
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 17:56

Les anciennes carrières sont des lieux à risques. Le risque d'effondrement existait déjà pendant l'extraction mais il était (plus ou moins) contrôlé ou anticipé par les personnes qui en avaient la responsabilité. Les carriers mettaient en place des structures pour remplacer les piliers affaiblis ou manquants et surveillaient ce qui se passaient. Les récits sont nombreux des carriers décédés pendant leur activité car, durant l'extraction, une poche d'argile non visible ou une faille non détectée font s'effondrer tout un plateau d'un seul tenant. Les ouvriers étaient alors pris au piège et ne pouvaient en ressortir vivants.

Ce risque lié aux périodes d'extraction n'existe plus dans l'Eure, mais lorsque les carrières ne sont plus en activité, il ne reste alors plus que le risque.

 

 

 

Les risques des carrières et falaises  de la Vallée de Seine - Les Essentiels Connaissance

Le risque correspond à la chute d'une partie ou de la totalité du ciel lorsque l'on est dans la carrière. Ici, à Caumont, le bloc effondré fait environ 3 mètres de côté et a chuté d'environ 10 mètres de haut. Le caractère récent de la chute (quelques jours lors de ma visite) était très visible de par la couleur blanche immaculée de la pierre et a été confirmée par les spéléologues qui connaissent bien le secteur. La décohésion du bloc de l'ensemble est favorisée par des périodes de fortes pluies, de gel-dégel rapide... car tous ces phénomènes météorologiques conduisent à ce que les sols soient en mouvement. Le cisaillement est augmenté et les fragilités dues aux fissures augmentent.

Mais le risque n'est pas uniquement lié à l'effondrement du ciel, mais aussi à la falaise lorsque l'on est en extérieur. Ce risque peut être augmenté par des activités humaines, comme ici à Port-Mort où des personnes ont bêtement abîmé les piliers qui soutiennent le massif.

Les risques des carrières et falaises  de la Vallée de Seine - Les Essentiels Connaissance

Le risque existe aussi ici à Beaumont-le-Roger, même si nous ne sommes plus en Vallée de Seine. Il existe tout simplement parce que les différents habitants qui se sont succédé sur le site ont utilement le matériau directement disponible pour édifier leurs habitations. Cela a souvent été accéléré dans la période moderne car les habitants, souvent plus mobiles et venant d'autres lieux, n'avaient pas la mémoire des risques inhérents à ces sites d'extraction. Ils ont alors creusé la falaise pour augmenter leur jardin ou leur carrière arrière et par-là même ils ont augmenté le risque.

Les risques des carrières et falaises  de la Vallée de Seine - Les Essentiels Connaissance

Il est nécessaire de réaliser des observations fréquentes des sites, notamment si une activité humaine (promenade, habitation, loisirs...) s'y déroule à proximité car les chutes peuvent être importantes. Bien sûr, ces chutes se font « sans prévenir » mais une bonne observation permet toutefois de repérer des clivages dans des roches, des fissures importantes ou des zones décohésionnées. Cela n'est pas possible pour les structures karstiques puisque ce sont des poches de dissolution remplies d'argiles à silex qui peuvent créer des vides sans que cela puisse se voir de l'extérieur. Pour autant, et à moins que des vies humaines soient en jeu, il n'est pas nécessaire de mettre en place des mesures visant à réduire le risque en faisant s'ébouler les falaises de manière artificielle. Il est préférable de mettre des périmètres de sécurité et de les faire respecter en gardant à l'esprit que la distance minimale est de D = H/2 et que la meilleure est D = H. (D étant la distance d'éloignement et H la hauteur de la paroi)

Cela veut-il dire pour autant que l'extraction n'a plus d'avenir ?

La réponse est plurielle, car si la prise de risque liée à l'extraction par des galeries souterraines pour en extraire les meilleures couches n'est plus d'actualité, il est toujours possible d'utiliser la technique de la carrière à ciel ouvert. Il s'agit tout simplement de décaisser progressivement les versants pour atteindre les lits intéressants de pierre.

Les parties déblayées sont à la fin remblayées selon un talus à 45°; pente qui est celle que la falaise serait amenée à retrouver de manière naturelle. En effet, le calcaire est bien trop fragile pour conserver une verticalité parfaite. Les falaises que nous voyons sont toujours actives et le ruissellement progressif, le grossissement des racines, les activités comme l'escalade où des piquets sont plantés dans les parois... tout ceci contribue à fragiliser les falaises.

Les risques des carrières et falaises  de la Vallée de Seine - Les Essentiels Connaissance

Partager cet article

Repost0