Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes publications

Ouvrages

POULAIN, F. (sous la dir), Les églises de l'Eure à l'épreuve du temps, Editions des Etoiles du Patrimoine, 2015, 240p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F, La reconstruction dans l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, décembre 2010, 350p.

POULAIN, F, Les Ateliers d'urbanisme Associatifs, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, juillet 2010, 229p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F.Le Millefeuille de l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, octobre 2010, 160p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F,Manuel des Territoires de l'Oise, ou comment territorialiser le Grenelle de l'Environnement, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, janvier 2010, 500p.

POULAIN, F, Le camping aujourd'hui en France, entre loisir et précarité, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, septembre 2009, 172p.

POULAIN, F., POULAIN, E.,  L'Esprit du camping, Cheminements, 2005 , Éditions Cheminements, octobre 2005, 312p.

POULAIN, F.,  Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements), Éditions Cheminements, juin 2005, 128p.

COSSET, F., POULAIN, F., Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002 , Chalets, petites maisons et mobile homes du bord de mer, Coll. Les carnets d’ici, Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique de Basse Normandie, 2002, 64p. ISBN 2-9508601-7-6 (br.)

 

Ouvrages collectifs

BOISSONADE, J., GUEVEL, S. POULAIN, F. (sous la dir.),Ville visible, ville invisible, Éditions l'Harmattan, 2009, 185p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), 2009, l'aménagement durable des territoires de l'Oise,Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, 2009, 184p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), L'Oise, territoire 2008, Éditions de la direction départementale de l'Equipement de l'Oise, 2008, 127p.

 

Articles parus dans Bulletin des Amis des Monuments et Sites de l'Eure (2012-2014),Rapport sur le mal logement – Fondation Abbé Pierre(2008-2014),Études Foncières(2000-2009),Le Moniteur (2005),Espaces, Tourisme et Loisirs(2005- ),Les Cahiers de la RechercheArchitecturale et Urbaine (2004),Territoires(2004),Le Caravanier, camping-caravaning(2004),Cahiers Espaces (2001-2003),Labyrinthe (2001),Urbanisme(2000) + nombreux articles dans des revues grand public (Libération,Le Monde,Le Point,Le Moniteur,Ouest-France...)

 

Actes de colloques parus dans Changement climatique et prévention des risques sur le littoral, MEDAD (2007) « Camper au XXIesiècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté » (2007)Identités en errance.Multi-identité, territoire impermanent et être social, BOUDREAULT, P-W, JEFFREY, D., (sous la dir.),Petites machines à habiter, Catalogue de l’exposition du concours « Home sweet mobile home ou l’habitat léger de loisirs », Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, (2004),« Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ».Droits de propriété, économie et environnement : le littoral, IVème conférence internationale(2004), FALQUE, M. et LAMOTTE, H., (sous la dir.).

12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 20:42

Outre le vert Billancourt qu'il a fait fabriquer dans ses usines, Louis Renault s'est servi de marqueurs locaux pour constituer son « style ». Il a respecté la couleur et la nature de la tuile en l'utilisant très fréquemment pour tous ses bâtiments, mais il a surtout choisi de réaliser une évocation de la bichromie des façades de craie longeant la Seine. Sur ces flancs progressivement mis à jour par le fleuve et aujourd'hui par l'érosion, les lits de silex noirs alternent avec les lits de craie blanche.

La bichromie Louis Renault - Les Essentiels - Connaissance n°104

Cette bichromie est visible sur les éléments de portails ou de clôture, sur les façades et aussi sur le château principal. Son style est identifiable au premier coup d’œil car ce jeu de couleurs se défie de toutes questions structurelles. En effet, le passage à l'usage du béton armé ou des parpaings en béton conduit à ne plus avoir besoin de marquer les chaînages d'angles ou les encadrements de fenêtres. Louis Renault peut, lorsqu'il le souhaite, constituer des lits horizontaux sur tout le pourtour des constructions sans établir d'éléments verticaux. C'est notamment le cas à la Ferme Blanche.

Parfois, la craie blanche est taillée en rectangle ou carré, mais parfois elle est taillée en pentagone asymétrique comme un silex. Concrètement, on ne la rencontre pas dans un autre site de l'Eure. Il est ainsi possible de parler d'un « style Louis Renault » datant une architecture particulière du début du 20ème siècle, à la croisée entre ferveur envers la modernité et respect du passé.

La bichromie Louis Renault - Les Essentiels - Connaissance n°104

Partager cet article

Repost0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 20:40

à partir de 1935, Louis Renault transforme son domaine en décidant de le rationaliser et si possible de la rentabiliser. Il créé une exploitation agricole qui lui permet à la fois d'exprimer son inventivité d'ingénieur face à des défis pour mécaniser ou améliorer les performances ; et à la fois de tester de nouveaux modèles de machines agricoles. Il cherche à créer un système complet allant de l'oeuf à la production de la paille sur lequel on le pose, du parc à taureau en essentage en bois au silo en ciment armé imitation faux bois,... Chaque élément servant à la vie agricole lui permttrait de laisser cours à son imagination.

La base de son style est les formes et couleurs du site (voir à ce propos, Les Essentiels Connaissance n°104 La bichromie Louis Renault). Il utilise d'ailleurs ou réutilise les bâtiments déjà existants dans les fermes qu'il rachète. On peut encore aujourd'hui voir des charpentes datant du 17ème siècle jouxtant des murs jointoyés à la chaux, ce qui démontre qu'il a conservé ce qui était utile. Pour autant, il a mené une recherche permanente pour développer ses sites. Il a fait un couplage entre techniques et matériaux anciens et techniques et matériaux modernes ; le ciment a remplacé la chaux pour jointoyer, les poutres sciées et boulonnées ont détrôné les poutres fendues avec tenons et mortaises... Si les matériaux évoluent, les formes perdurent : les silos deviennent des tours en béton armé, avec imitation de colombage et épi de faîtage en céramique. Il en est de même pour la charpente du hangar de battage de la ferme principale qui est lambrissée mais qui est composée de poutres et autres éléments de bois fendus, puis regroupés par deux pour renforcer l'ensemble. Il y a aussi toujours une recherche esthétique pour les éléments créés par Louis Renault.

De plus, ce dernier ne conçoit pas une pièce sans l'imaginer au sein d'un processus industriel. Il va la penser, la dessiner, la préfabriquer potentiellement, mais également faire travailler ses équipes d'ingénieurs à Billancourt, la faire tester par ses métayers et la faire évoluer sans cesse. Il lui sera toujours possible de lancer des quasi chaînes de fabrication pour ses créations. Par exemple, les porcheries ou les paddocks à taureaux seront reproduits d'une ferme à l'autre ou bien encore les clous formant ferronnerie décorative des portes et portails.

La standardisation qu'il recherchait n'oblitérait pas l'écoute qu'il pouvait faire de ses ouvriers agricoles, de ses chefs de ferme et surtout de ses régisseurs successifs. Le parc à taureau en est un très bon exemple, puisqu'il était positionné au milieu de la ferme pour être -certes surveillé par le fermier- mais surtout sur la route des vaches qui rentraient des champs. Il était alors loisible de surveiller celles qui étaient prêtes pour l'accouplement car elles étaient tentées d'aller le voir.

C'est un processus global qu'il est toujours aujourd'hui possible de contempler ; même si, année après année, les éléments d'architecture non entretenus commencent à disparaître. Le manque d'entretien ou la perte d'usage sont souvent les causes de cette désaffection des bâtiments ; cependant leur détérioration est due surtout à l'utilisation d'une technique moderne à l'époque, mais aux faiblesses aujourd'hui connues : le béton armé. La corrosion conduit à ce que les fers rouillent et qu'une couche commence à « pousser » le béton qui se fendille et se fissure avant de tomber.

Le recensement photographique est aujourd'hui l'élément incontournable de la préservation car aucun plan n'a encore été retrouvé dans les archives. Peut-être resurgiront-ils un jour.

Les bâtiments agricoles de Louis Renault - Les Essentiels - Connaissance n°103

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 20:37
Les portails de Louis Renault - Les Essentiels - Connaissance n°102

S'il n'a pas voulu ou pu reconstruire tous les bâtiments déjà présents sur son domaine, Louis Renault a néanmoins su exprimer toute sa volonté d'uniformisation sur les éléments annexes, tels les portails ou les murs de clôture. Pour les portails, il est possible de parler d'un style Renault.

Les portails mettent en évidence ce qu'ils dissimulent : le plus grand portail est celui du Château, le second en taille celui de la ferme principale...et ceci de se décliner jusqu'à la porte des maisons, de l'église et jusqu'à celle de la niche des chiens et des poules. Le signifié est le signifiant.

Cette adaptation à chaque lieu et à ce qu'il représente en terme de positionnement au sein du domaine de Louis Renault ne joue pas, par contre, sur les matériaux. Les clous de ferronnerie utilisés pour marquer et rendre les portes en chêne plus puissantes visuellement sont les mêmes. L'uniformisation crée le lien entre les différents éléments. Cela se remarque aussi au niveau des portails du cimetière d'Herqueville qui sont faits dans le même modèle de ferronnerie que celui du balcon de son château donnant sur la Seine. Un cas est assez particulier et concerne les clous en croissant de l'un des portails de Porte-Joie où on retrouve le motif de la porte de l'église de Vatteville, située à côté d'Herqueville. Or, le motif du croissant se comprend sur la porte d'une église, il devient plus esthétique ou décoratif sur celle d'une habitation. Louis Renault y aurait-il trouvé l'inspiration ? Cette question a un sens particulier car elle est met en lumière le véritable travail d'architecte derrière la « ville idéale » qu'édifiait Louis Renault.

Ce portail est d'ailleurs intéressant en ce qu'il n'utilise pas les clous Renault. Ces derniers sont composés de deux carrés disposés à 45°. Il est loisible d'analyser le travail de positionnement géométrique de ces clous. En effet, Louis Renault les dispose sur une trame régulière mais pas forcément à chaque point de rencontre de la trame.

Il existe une véritable recherche en terme de composition architecturale puisque les clous en double carré, parsème les portes aux bois placés verticalement ou en diagonale à 45°, ce qui vient donner du mouvement aux façades composées de lits horizontaux alternés silex et craie. Un artisan local s'est d'ailleurs lancé dans la restauration de ces portes.

Les portails sont ainsi relativement massifs et le style se poursuit sur les portes des fermes. Elles peuvent alors être peintes du vert Billancourt fabriqué dans les usines parisiennes.

Les portails de Louis Renault - Les Essentiels - Connaissance n°102

Partager cet article

Repost0
7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 20:49

Tous les graffitis présents sur les murs des églises de l'Eure ne sont pas forcément religieux. Nombre avaient un sens pour les personnes qui ont bâti les édifices : des charpentiers aux tailleurs de pierre.

Pour les charpentiers, il s'agissait de montrer à leurs ouvriers comment les pièces allaient être assemblées et cela leur permettait aussi de calculer certains angles d'emboîtage. Il ne s'agissait pas de reproduction à l'échelle 1 des éléments de charpente à poser mais de croquis descriptifs, comme par exemple celui présent sur le mur nord du chevet de l'église de Condé sur Risle. Toujours sur cette église, on trouve également des traces d'outils de compagnons qui gravaient le contour de leurs outils sur les murs alors qu'ils sont relativement rares sur les autres églises.

épures et marques de tâcherons sur les murs des églises de l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°112

Les murs portent également les marques des tâcherons qui taillaient les blocs de pierre. Etant payés à l'unité, il leur fallait « marquer » la pierre avec un signe distinctif et personnel. La collégiale d'Ecouis est l'exemple le plus remarquable du département, mais on trouve quelques marques au Marais Vernier ou à l'intérieur de la Tour de la Madeleine.

épures et marques de tâcherons sur les murs des églises de l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°112

Partager cet article

Repost0
6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 20:35

Lors d'une de ses descentes en bateau de Paris à la mer, Louis Renault, le célèbre fondateur de la marque automobile, tombe sous le charme des falaises crayeuses d'Herqueville. En 1918, il se marie en l'église d'Herqueville. Il acquiert entre 1906 et 1944 environ 1700 hectares sur lesquels il fait construire son château, mais également son domaine agricole avec pas moins de 9 fermes. Le château principal, qui domine la Seine à Herqueville, est édifié sur un espace encore vierge. Louis Renault matérialise son territoire par l'édification de constructions au style identique (voir à ce propos, Les Essentiels Connaissance n°102, 103 et 104), par l'usage du vert Billancourt et par la pose de bornes en béton où le R de Renault est préformé.

Herqueville devient son lieu d'expérimentation à la fois sociale car il bâtit de micro-espaces urbains et à la fois technique puisqu'il en profite pour créer ses machines. Il installe d'ailleurs dans l'aile sud du château le même meuble-bureau que celui présent dans son bureau à l'usine. Lieu de travail mais également lieu de farniente où se tiendront des fêtes exceptionnelles où se retrouvent quelques artistes, hommes politiques et écrivains parisiennes. La piscine est certainement le joyau du château, de par sa modernité, ses décors art déco et l'ensemble de ses annexes (salle de sport, douche...). Notons également que le château est truffé d'éléments encore aujourd'hui en place de domotique avant l'heure : juke box à bras articulé permettant de changer les disques et diffusant dans l'ensemble du château, ascenseur...Louis Renault a exercé son talent jusqu'aux poignées de porte et aux porte-serviettes des salles de bain.

Mais le domaine agricole, véritable « colosse aux pieds d'argile » ne devait son fonctionnement si particulier qu'aux subsides qui venaient en partie des bénéfices des Usines Renault. La nationalisation de ces dernières a coupé la liaison financière et a rendu très complexe le fonctionnement du domaine. Aujourd'hui, une partie du domaine appartient encore à la famille Renault mais dans sa grande majorité, les fermes ont été acquises par des agriculteurs et certains bâtiments, dont le château, appartiennent à des personnes extérieures à la famille.

Il est encore aujourd'hui possible de voir véritablement la cohérence de l'ensemble édifié par Louis Renault mais pour combien de temps ?

Le domaine Louis Renault dans l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°101

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 20:46

La frontière de l’Avre a depuis quelques années été bien étudiée par des travaux universitaires, par une reconnaissance collective tant par les collectivités locales, ou par des entités extraterritoriales comme le Pays d’Avre, d’Eure et d’Iton. Ce dernier organisme, avec l’Office de tourisme de Verneuil propose depuis quelques années un circuit des Fossés royaux depuis Saint-Christophe-sur-Avre. Ces Fossés royaux nous replongent dans l’histoire de la Normandie et les affrontements entre le roi de France et le duc de Normandie, par ailleurs roi d’Angleterre.

Les fossés royaux dans l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°105 avec Denis Lepla

La carte de l’Evesché de Chartres divisé en archidiaconez et diaconnez, par Alexis-Hubert Jaillot, en 1701, donne les contours de l’évêché, à l’aide de traits de couleurs différentes. Pour la partie nord, l’Avre (frontière naturelle et historique) est bien reportée. Elle est complétée par une bande pleine dessinée en retrait, avec la mention les Fossez le Roy, donnant à ces quelques kilomètres l’aspect d’une frontière infranchissable, ponctuée des places fortes Verneuil, Tillières et Nonancourt. Il s’agit aujourd’hui de la partie méridionale du département de l’Eure.

Ces Fossés royaux, que l’on trouve aussi dénommés Fossés-le-Roi, Fossés du Roy sont évoqués pour la première fois dans la Chronique de Robert de Torigni. Son auteur, abbé du Mont-Saint-Michel (entre 1154 et 1186) relate les évènements de son époque et relève que le roi Henri [II] fit construire des fossés hauts et larges entre la France et la Normandie pour tenir éloignés les pillards. Il compare ensuite ces fossés aux digues (ou torses) que le même roi fit faire sur la Loire pour empêcher que les moissons et les prés soient envahis par les eaux. Ces évènements sont datés des années 1168-1169. Le chroniqueur évoque les hommes payés pour garder les digues, les exemptions accordées (service militaire, taxes), mais ne dit rien sur les moyens employés, humains ou techniques. Les Fossés royaux, au niveau descriptif, sont constitués d’un fossé et d’un talus. Le talus est haut de 5 à 9 mètres, le fossé large de 3 à 4 mètres. On ne sait si la structure était ou non complétée de moyens de défense comme des pieux par exemple.

Ce genre de fortifications de terre était assez courant dans la défense des frontières territoriales, au XIe siècle aux confins du comté de Mortain, des territoires de Bellême. Des Fossés-du-Roi ont également été réalisés après 1150 sur la frontière de la Bresle, entre Gaillefontaine et Aumale (76).

Les Fossés royaux « sur l’Avre » ont des dimensions suffisamment remarquables pour figurer encore aujourd’hui dans la toponymie, sur les cartes IGN, bien après avoir été mentionnés dans certains cartulaires (comme celui de la Trappe) comme repères topographiques.

Le tracé des Fossés royaux sur la frontière méridionale du duché de Normandie a été à peu près reconstitué, depuis Le Mêle-sur-Sarthe (Orne) jusqu’à Muzy (Eure). Ils sont visibles en totalité ou en partie à Moulins-la-Marche, Bonsmoulins, Les Genettes, Les Aspres (frontière du Perche), le long de l’Avre (frontière sud) depuis Irai, Beaulieu (Orne), en passant par Chennebrun, Saint-Christophe-sur-Avre, Pullay, Verneuil-sur-Avre, Courteilles, Tillières-sur-Avre, Breux-sur-Avre, Nonancourt, Mesnil-sur-L’Estrée.

Les portions restantes se trouvent en forêt, ou en limites entre zones habitées et terres agricoles. Les plus significatives dans l’Eure se trouvent dans le canton de Verneuil-sur-Avre, à Chennebrun, à Saint-Christophe-sur-Avre (en forêt, dans le bourg, au Genetay, le long du Chemin Perrey voie antique encore utilisée au Moyen Âge sous le nom de Via regia ou Via publica), à Verneuil-sur-Avre (à La Chabotière), à Bâlines, à Courteilles (à plusieurs places à travers le bourg), à Tillières-sur-Avre (à La Haye Rault).

Les fossés royaux dans l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°105 avec Denis Lepla

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 20:33

Le colombier est l'un des motifs paysagers traditionnels du département de l'Eure. Il en resterait plusieurs centaines édifiés et plus encore dans la mémoire et dans les documents d'archives. Le colombier impressionne pour deux raisons. La première est qu'il rappelle un passé féodal où les droits des Seigneurs et du Roi conduisaient le pays et la seconde de part sa qualité architecturale qui en fait un objet fini.

Les dimensions vont de 6 à 8m de diamètre, pour environ 8 à 10,5m de haut. Il n'existe, contrairement à d'autres régions françaises, pas de relation entre le nombre de boulins et la surface de la propriété ; mais il fallait néanmoins que les pigeons présents ne portent pas un tort trop important aux cultures sur lesquelles ils allaient se nourrir. Un principe de raison conduisait donc à ne pas avoir trop de pigeons. Les révoltes paysannes ont été nombreuses et ce sont elles, avec les procès, qui nous donnent des éléments sur la manière dont cela se passait autrefois.

La Normandie a bénéficié d'une législation particulière, due à son passé de terre connexe au royaume de France. À partir de la fin du 13ème siècle, seul les détenteurs d'un droit fief de haubert détiennent le droit de colombage. Ce droit n'est pas divisé (et donc multiplié) lors des héritages. Les terres roturières ne pouvaient avoir de colombage et si un colombier était déjà présent sur les terres, un impôt spécial était alors prélevé (pour aller plus loin, voir à ce propos Les colombiers en Pays d'Auge par Paul et Marie-France Barabé).

Les techniques constructives sont diverses, avec des colombiers intégralement édifiés en bauge, en briques ou en colombage. Les colombiers en pierre de taille sont les moins fréquents.

Le principal problème pour ces édifices est leur désaffectation contemporaine. En effet, ils ne sont plus utilisés à accueillir des pigeons. Leur forme souvent circulaire et l'absence de baies ne prédestinent pas à changer facilement des fonctions et à être transformées.

Les quelques colombiers transformés le sont soit en salle de réception, soit en habitation (mais l'escalier central prend beaucoup de place) et le plus souvent les colombiers servent de granges ou d'étables. Néanmoins, la tendance à restaurer les anciens édifices permet d'espérer une préservation de ces témoins du passé.

Les colombiers de l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n° 98

Partager cet article

Repost0
2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 19:23

Au tournant du 19ème siècle, la ville s'est déjà largement coupée son alter ego, la nature. Commencent alors les premières démarches visant à retrouver son être naturel, les années 1900 verront les premiers campeurs arpenter la campagne française. Dans un même temps, les urbains cherchent à renaturaliser leur environnement immédiat. S'ils ne peuvent aller à la campagne, c'est la campagne qui peut leur servir de référence.

La vague du ciment imitation faux bois va alors faire son apparition : balustrade, pilier de portail, clôture, kiosque à musique, cabane, atelier d'artiste....tous les éléments présents dans un jardin ou un parc se voient élaborés selon un nouveau style. Il pourra même se décliner sur tous les éléments ornant les maisons construites en même temps (balcons, marquise...). Si l'on trouve ce style dans l'ensemble du département de l'Eure, il est possible de noter que son aire d'expansion majeure se trouve tout le long de la vallée de la Seine, avec notamment le parc du moulin d'Andé, le parc du château Blanc de Saint Pierre du Vauvray... voire les éléments construits par Louis Renault lorsqu'il imite le bois pour ses faux colombages dans ses fermes. Ce faux bois va également servir lors de petites restaurations notamment de porches d'église. Les artisans imitent alors les veines du bois pour combler les manques.

La principale faiblesse de ce matériau vient de l'épaisseur de ciment positionné autour des fers. En effet, l'eau arrive à pénétrer la « peau » du ciment sur deux centimètres environ. Dès que l'eau est en contact avec les fers, la rouille commence son action. Les dimensions des fers augmentent et la lente expansion commence. Comme le ciment n'est pas un matériau souple, il ne peut « encaisser » les dilations induites par l'action de la rouille. Des fissures commencent à voir le jour, puis des casses. Les fers se retrouvent à jour et si aucune action n'est faite pour « pacifiée » le matériau, ils continuent à gonfler. Le mouvement de casse est inexorable. Or, les artisans qui ont fait ces rambardes ou autres éléments de jardin n'ont pas mesuré la distance entre les fers et l'extérieur du ciment. Les 2 cm sont très vite atteints et les désordres sont aujourd'hui très nombreux.

Le ciment « faux bois » dans l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°88

À partir de la fin des années 1970, le style « faux bois » n'est plus à la mode. Le constat est sans appel et les artisans abandonnent la fabrication de ces éléments de décoration. Mais à partir des années 2000, et grâce à une vague de revival sur les éléments 20ème siècle (carreau de ciment dans les maison, décors « naïfs » dans les jardins...), ainsi qu'une meilleure connaissance de ce style (étude plus poussée sur le parc Manceau...), les propriétaires cherchent des artisans capables de restaurer lesdits éléments de faux ciment. Aujourd'hui, les artisans restaurateurs sont de nouveaux présents sur le marché et il est possible de faire restaurer ces éléments du patrimoine du 20ème siècle.

Le ciment « faux bois » dans l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°88

Partager cet article

Repost0
25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 19:17

Les escaliers à vis astucieusement placé dans l'un des angles de tours clochers des églises de l'Eure correspondent souvent à de petites merveilles d'architecture tant leur volume se développe astucieusement dans des volumes resserrés. Dans le cadre des visites sanitaires, il est souhaitable de les emprunter pour voir l'état du clocher. y monter et en descendre facilement, il faut alors veiller à l'état des marches et se munir à la fois d'une lampe frontale pour bien y voir et à la fois de gants et d'un casque pour éviter les rencontres désagréables de type toiles d'araignées, cadavres de pigeons... Pour les escaliers en grès, il n'y a souvent pas de problèmes car il s'agit d'une pierre très dure. Par contre, pour les escaliers en pierre tendre de type calcaire, le milieu des marches est souvent usé par les montées successives des sonneurs de cloches et il faut veiller à poser le pied au bon endroit.

Il faut faire attention à regarder les marches quand on monte ou quand on descend notamment quand il y a des inscriptions gravées sur les pierres. Elles sont le fait des personnes qui sont montées, sonneurs, simples croyants ou militaires durant les guerres,... On peut les regarder et les photographier, sans les toucher mais en s'arrêtant avant !

La montée au clocher des églises de l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°86

Ces escaliers en pierre ou en briques permet dans de nombreuses églises d'atteindre le niveau des cloches, mais hélas parfois, il faut encore emprunter une échelle en bois. Il faut alors bien regarder l'état des barreaux avant de s'engager. Je préconise de ne prendre aucun risque dans la visite d'un clocher et surtout de ne pas monter seul car un accident peut toujours arriver dans ces espaces très peu accessibles et reposant parfois sur des bois vermoulus de charpente.

Dans certains cas, les escaliers sont remplacés par de simples échelles comme à Saint Philbert sur Risle où l'échelle est dissimulée derrière le retable majeur. Elle mesure à peine 40cm de large et je dois humblement avouer qu'il faudra que j'y retourne avec des vêtements de chantier pour y grimper.

Dans tous les cas, il est vivement recommandé de veiller au bon entretien des escaliers et des échelles afin que les visites de contrôle des clochers et de leurs charpentes se fassent sans danger et puissent être effectuées sans attendre que les dégradations soient trop importantes et deviennent irrémédiables.

La montée au clocher des églises de l'Eure - Les Essentiels - Connaissance n°86

Partager cet article

Repost0
14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 19:32

Depuis la nuit des temps, la mort fascine et est crainte car elle correspond à la frontière entre le monde d'ici bas et « autre chose » et l’au-delà dont on ne revient pas.

La matérialisation de ce passage est visible parce que les personnes deviennent os et poussières. Il est encore possible dans de nombreux cimetières anciens de l'Eure de voir des ossements remonter à la surface. Vision étrange s'il en est dans notre monde contemporain où la maladie et la mort sont apréhendés avec plus de distance que ce qu'elles ont pu l'être au cours des siècles où la mort faisait partie de la vie quotidienne, surtout en période de peste ou de disette. Aujourd'hui, ce phénomène est moins fréquent car les cercueils sont enfouis dans des caveaux construits dans la terre.

Auparavant, une fois le décès prononcé, les corps étaient disposés dans un linceul ou un coffrage fait de planches qui était directement mis en terre. Le cercueil était recouvert par un drap mortuaire. Ceux-ci étaient plus ou moins richement décorés selon la classe de l'enterrement choisi. Le motif du crâne et des os brodés sur le drap était relativement fréquent. Il pouvait également se retrouver sur les bâtons de charité ou bien encore sur la couverture des livres de messe. C'était une façon très visuelle et compréhensible par tous de rappeler qu’il s’agissait de mettre en terre consacrée une personne mortelle, soit une adéquation relativement simple à comprendre entre le fond et la forme.

Cette pratique d’apposer des crânes se poursuit également dans le cimetière où le rappel se fait sur les croix ou les tombeaux. Parfois, le crâne est « posé » sur des tibias croisés, on peut alors parler de « tête de mort ». Les plaques d'obit contiennent également ce type de dessins gravés dans la pierre. Ces pierres constituent des « aides-mémoires » car se trouvent gravées sur la pierre les volontés des défunts quant à la tenue de messes en leur mémoire et ce, contre rémunération opérée avant leur décès ou par la suite par leur famille.

Au-delà des éléments qui accompagnent le défunt vers sa dernière demeure, l'église est également le lieu décoré. La mort n'est pas, depuis le Concile de Trente, l'un des principales sources d'inspiration pour les décors et la danse des morts n'est plus visible. Mais les crânes ornent certaines poutres de gloire, comme celles de Marcilly la Campagne et Saint Nicolas d'Attez, en en faisant de très belles oeuvres sculptées. Les pommeaux faites de crânes sculptés de certaines stalles ont été frottés par des centaines de mains au cours des siècles.

Plus rarement, on peut apercevoir un crâne sur un vitrail ou en console pour soutenir une statue. Cela participe alors du décor global composé par l'artiste.

Et très rarement, comme c'est le cas à Sainte Colombe la Commanderie, le motif du crâne est sculpté dans le pilastre encadrant l'entrée de l'église.

De manière générale, le motif du crâne ou de la tête de mort est à la fois courant puisqu'il est relativement fréquent et non rare dans une église (puisque lié à l'exercice d'un certain nombre de rites funéraires) et à la fois extra-ordinaire puisqu'il n'est pas lié à une référence écrite dans les textes à l'instar d'autres motifs comme la colombe, le pelican, les instruments de la passion... Le crâne se présente donc comme la matérialisation d'un mythe populaire créée autour de la mort ; et remis au goût du jour par les jansénistes qui font des crânes et des tibias un signe de leur expression artistique.

Le motif du crane - Les Essentiels - Connaissance n84

Partager cet article

Repost0